L’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei a été officiellement confirmé par les autorités iraniennes, quelques heures après les frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre plusieurs cibles en Iran.
Le président américain Donald Trump avait annoncé sa mort samedi 28 février 2026, affirmant dans un message publié sur Truth Social que Khamenei « est mort » lors de cette offensive militaire d’ampleur. Il avait qualifié le chef religieux de « l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire » et appelé le peuple iranien à « s’emparer du pouvoir » pour reprendre le contrôle du pays.
Une offensive militaire d’envergure
L’opération, baptisée « Rugissement du lion » par l’armée israélienne et « Fureur épique » par le Pentagone, aurait visé « des centaines de cibles militaires iraniennes ». Selon des sources israéliennes, la résidence du guide suprême aurait été frappée par une trentaine de bombes. Plusieurs hauts responsables du régime figureraient également parmi les victimes.
Des responsables israéliens avaient laissé entendre, dès les premières heures, que Khamenei avait été tué, évoquant des images de son corps présentées au Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Revirement officiel à Téhéran
Dans un premier temps, la diplomatie iranienne avait catégoriquement démenti les annonces américaines, affirmant que le guide suprême était « sain et sauf » et qualifiant les informations sur sa mort de « rumeurs infondées ».
Mais dans la nuit, les autorités iraniennes ont confirmé son décès, sans préciser les circonstances exactes ni les modalités de succession immédiate. Cette confirmation met fin à plusieurs heures de déclarations contradictoires, qui avaient contribué à un climat de confusion et de tension extrême dans la région.
Un lourd bilan humain
Le Croissant-Rouge iranien fait état d’au moins 201 morts et 747 blessés liés aux frappes. L’Iran a, de son côté, lancé des opérations de représailles contre des cibles israéliennes, avec des explosions signalées dans plusieurs pays de la région, faisant craindre un embrasement plus large du Moyen-Orient.
Donald Trump a indiqué que les frappes se poursuivraient « sans interruption tout au long de la semaine ou aussi longtemps que nécessaire pour accomplir notre objectif de paix à travers le Moyen-Orient et, en effet, le monde ».
Réactions politiques immédiates
Sur le plan politique, l’annonce a provoqué des réactions contrastées. Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, s’est réjoui sur les réseaux sociaux, estimant que la mort de Khamenei marque la fin de la République islamique et son renvoi « dans les poubelles de l’Histoire ».
À Téhéran comme dans les capitales occidentales, les regards se tournent désormais vers la question cruciale de la succession et vers l’ampleur des représailles iraniennes, dans un contexte où l’équilibre régional apparaît plus fragile que jamais.
L’homme qui incarnait le régime
Successeur de Ruhollah Khomeyni en 1989, Ali Khamenei n’était pas seulement le guide suprême : il était l’architecture même de la République islamique. Pendant près de quatre décennies, il a fixé la ligne idéologique, arbitrant les équilibres internes, validant ou bloquant les orientations diplomatiques, militaires et économiques.
Dans les cercles fermés du pouvoir iranien, il détenait le dernier mot. Il lui arrivait de relâcher la pression lorsque le contexte l’exigeait, avant de reprendre fermement la main dès qu’il estimait l’édifice fragilisé. Mais au fil des années, face à l’isolement international et aux contestations internes répétées, son pouvoir s’est durci. L’appareil sécuritaire, et en particulier les Gardiens de la révolution, sont devenus les piliers centraux de son système.
Né le 17 juillet 1939 à Machhad dans une famille religieuse modeste, Ali Khamenei suit un cursus théologique à Machhad puis à Qom, où il fréquente les cercles de grands dignitaires chiites. Très tôt engagé contre le régime du chah Mohammad Reza Pahlavi, il est emprisonné à plusieurs reprises dans les années 1960 et 1970 pour son activisme aux côtés des partisans de l’imam Khomeyni.
Après la révolution de 1979, il gravit rapidement les échelons. Deux fois président de la République (1981-1989), blessé lors d’un attentat en 1981, il accède à la magistrature suprême à la mort de Khomeyni. Une révision constitutionnelle renforce alors le caractère politique de la fonction de guide, consolidant son autorité au sommet de l’État.
Du pragmatisme initial au durcissement
Au début de son parcours, Khamenei n’apparaît pas comme l’homme inflexible qu’il deviendra. Dans les années 1990, il accompagne, non sans méfiance, la reconstruction du pays aux côtés d’Akbar Hachémi Rafsandjani. Mais dès qu’il estime que les réformes économiques et l’ouverture culturelle menacent la cohésion idéologique du régime, il resserre l’étau.
L’élection du réformateur Mohammad Khatami en 1997 marque un moment d’équilibre précaire : certaines libertés sociales et culturelles émergent, avant d’être progressivement contenues. Fermetures de journaux, arrestations d’opposants, pressions sur les milieux universitaires : le pouvoir montre rapidement ses limites.
Les grandes vagues de contestation – notamment en 1999 puis en 2009 après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad – fragilisent son image. Le guide suprême, jusque-là perçu comme arbitre au-dessus de la mêlée, devient lui-même la cible directe des slogans de rue. Le fossé entre une partie de la société iranienne et le sommet du régime se creuse durablement.
Ambition régionale et pari stratégique
Sur le plan régional, Khamenei nourrit une ambition constante : faire de l’Iran une puissance incontournable face aux États-Unis et à Israël. Sa stratégie repose sur deux piliers : maintenir la capacité nucléaire iranienne à un niveau stratégique dissuasif et étendre l’influence de Téhéran via un réseau d’alliés armés au Moyen-Orient – du Hezbollah libanais aux milices chiites irakiennes, en passant par les houthistes au Yémen et le Hamas.
Il se montre capable de pragmatisme tactique, acceptant des négociations lorsque la survie économique du pays l’exige. L’accord nucléaire de 2015, négocié notamment avec Washington, est toléré, mais toujours sous réserve d’une profonde méfiance envers l’Occident. Le retrait unilatéral des États-Unis décidé par Donald Trump en 2018 renforce l’aile la plus dure du régime et conforte Khamenei dans son discours anti-occidental.
Dans les dernières années de son règne, l’équilibre régional se fragilise : affaiblissement du Hezbollah, recul de l’influence iranienne en Irak et au Liban, chute du régime syrien de Bachar Al-Assad. À deux reprises, en juin 2025 puis le 28 février 2026, l’Iran est directement frappé par des opérations israélo-américaines, alors même que des discussions sensibles sur le nucléaire devaient se poursuivre sous médiation omanaise.
Un pouvoir de plus en plus militarisé
Face aux soulèvements internes et aux pressions extérieures, Ali Khamenei s’appuie toujours davantage sur l’appareil sécuritaire. Plusieurs observateurs résument cette évolution par une formule devenue célèbre : le guide aurait troqué progressivement son turban de religieux pour un casque de chef de guerre.
Sa disparition, confirmée par la télévision d’État iranienne après l’annonce initiale de Washington, ouvre une séquence d’incertitude majeure. Elle ne marque pas seulement la fin d’un homme, mais celle d’une ère durant laquelle le guide suprême aura concentré, façonné et parfois verrouillé l’ensemble des leviers du pouvoir iranien.
R.B.H












5 commentaires
Dumb et Satanyahu annoncent, Tahanran dément...
… et de Khartage à Gabès, tout un démonde bullshiiteur accusant le coup (hum), est en deuil.
Les peuples respectifs trancheront organiquement bientôt d’eux même, par eux même et pour eux même.
« End is Qôming up », Ô mollahrchy and your sons of naoufelony !
Once more, organic revolution will be democratunisied and iranied…Inch’Allah.
Gg
Assassiné ????
Non, neutralisé au cours d’un acte de guerre.
Guerre qu’il avait voulue!
Lui assassinait des foules de gens, même des jeunes hommes et femmes parmi le peuple iranien.
zaghouan2040
Ainsi vivent et meurent les tyrans : dans l’ombre du Diable
le plus important a retenir c’est que ces tyrannies moyenâgeuses, d’Agadir à Téhéran, sont systématiquement et profondément infiltrées par les services secrets occidentaux L(ensemble des structures « sécuritaires » de ces tyrannies sont analyses suivis a la trace disséqués par la CIA le Mossad la DGSE etc
Exactement comme si on surveillait un cartel de grands truands sud-américains
A méditer…………..
Gg
Il est mort dans la destruction de sa résidence samedi matin à 6h30 heure locale, en même temps que d’autres dignitaires de la dictature.
Gg
Des scènes de liesse partout dans le monde, les iraniens exultent de joie!
C’est magnifique, mais loin d’être fini.
On peut rêver, un nouveau régime, la paix pour ce peuple et la région…