Lundi 2 mars 2026, l’ouverture des marchés a été marquée par une flambée des prix du pétrole, le baril de Brent dépassant brièvement les 80 dollars, sous l’effet des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, ravivant les craintes de perturbations majeures de l’offre mondiale de brut.
L’analyste financier Bassem Ennaifer a livré, dans une interview téléphonique au micro de Wassim Ben Larbi, dans l’émission Expresso sur les ondes d’Express FM, une lecture détaillée sur les conséquences de cette hausse pour l’économie tunisienne. Selon lui, le prix du baril de Brent, qui s’est approché de 79 dollars lundi matin, reste largement au-dessus de l’hypothèse retenue par l’État tunisien lors de l’élaboration du budget 2026, fixée à une moyenne de 63,3 dollars pour l’ensemble de l’année.
« Chaque dollar supplémentaire coûte 164 millions de dinars supplémentaires dans le budget de la compensation. C’est un coût conséquent et direct sur les finances publiques », souligne Bassem Ennaifer, mettant en lumière la vulnérabilité de la Tunisie face aux chocs pétroliers.
Impact sur l’inflation et la production
La hausse du baril ne se limite pas aux finances publiques. Le prix du pétrole influe également sur l’inflation, car il entre dans la composition de nombreuses productions, notamment le plastique, et affecte les importations tunisiennes en provenance de pays ne subventionnant pas l’énergie. Une inflation importée pourrait ainsi peser sur le pouvoir d’achat des Tunisiens, déjà confrontés à la hausse des prix des produits de consommation courante.
Le cabinet londonien Capital Economics, reconnu pour ses analyses macroéconomiques et ses prévisions de marché, estime qu’un conflit prolongé, portant le baril à cent dollars, pourrait accroître l’inflation mondiale de 0,6 à 0,7 %, a rapporté l’analyste financier. et de prévenir : « Cela impactera la Tunisie par une inflation importée ».
Logistique et coûts de transport sous pression
La hausse des prix du pétrole a également des conséquences sur le transport maritime. L’assurance maritime a fortement augmenté, en particulier en raison de la baisse du trafic via le canal de Suez, traditionnellement utilisé pour l’acheminement du brut et des produits industriels. Le détournement de cette route entraîne des coûts supplémentaires en temps et en argent, affectant à la fois les produits de consommation et les matières premières utilisées dans la production.
JPMorgan, la plus grande banque des États-Unis, a alerté que près de soixante navires pétroliers vides attendent actuellement près de la zone du Golfe. Selon la banque, la capacité de stockage des pays producteurs, limitée à cinquante millions de barils – soit l’équivalent de trois à quatre jours de production – pourrait être rapidement saturée. « Selon JPMorgan, si la fermeture de ces pays se poursuit plus de 25 jours, ils devront arrêter la production, faute de capacité de stockage et de moyens d’expédition », a rapporté Bassem Ennaifer.
Une situation qui pourrait s’aggraver
Lundi matin, le baril de Brent a déjà enregistré une hausse de plus de 8%. Cette envolée rapide illustre la fragilité de l’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés pétroliers mondiaux. Pour la Tunisie, importatrice nette de pétrole et de produits énergétiques, cette situation pourrait accentuer le déficit commercial, peser sur les réserves en devises et amplifier la pression inflationniste sur l’économie.
« La Tunisie doit anticiper ces chocs externes sur ses finances publiques. Une couverture à option à cours fixe permet de limiter les risques liés à la hausse du pétrole », conclut Bassem Ennaifer. Selon lui, ce type d’instrument financier pourrait protéger le budget de l’État contre les fluctuations des prix du baril et réduire la pression sur le système de compensation.
En résumé, la flambée des prix du pétrole, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, constitue un double choc pour la Tunisie : financier, via l’augmentation des coûts de la compensation, et économique, par la transmission inflationniste et l’augmentation des coûts de production et de transport.
I.N.












Commentaire
le financier
Analyse juste mais la solution est a revoir , d abord comment la tunisie se fait livrer en petrol et derivé ? Brut ou raffiné ?
Chez qui l achete t elle ? ( marché a terme ou contrat gres a gres ?
Doit elle hedgé et chez qui et avec quel produit financier swap ? Structuré ou option ( si option faire attention au theta ) bref j ai bien rit monsieur l economiste