Les marchés pétroliers restent sous haute tension ce mardi 3 mars 2026, alors que les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient continuent de provoquer des fluctuations importantes des prix du brut. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord (échéance mai), référence mondiale, grimpe de plus de 7% à 83,3 dollars, un sommet inédit depuis janvier 2025, après une flambée comparable la veille.
Pour la Tunisie, importatrice nette de pétrole et de produits énergétiques, cette envolée constitue un facteur de risque majeur. Le pays pourrait voir son déficit commercial se creuser, ses réserves en devises se réduire et la pression inflationniste sur l’économie s’intensifier. Les autorités tunisiennes sont ainsi confrontées à une double contrainte : sécuriser l’approvisionnement énergétique tout en maîtrisant l’impact sur les finances publiques.
Une flambée inattendue des prix
La veille, l’ouverture des marchés avait déjà été marquée par une flambée des prix du pétrole, le baril de Brent dépassant brièvement les 80 dollars. Cette hausse a été alimentée par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, ravivant les craintes de perturbations majeures de l’offre mondiale de brut.
L’analyste financier Bassem Ennaifer a souligné que « le prix du baril est largement au-dessus de l’hypothèse retenue par l’État tunisien lors de l’élaboration du budget 2026, fixée à une moyenne de 63,3 dollars pour l’ensemble de l’année. Chaque dollar supplémentaire coûte 164 millions de dinars supplémentaires dans le budget de la compensation. C’est un coût conséquent et direct sur les finances publiques ».
Risques de saturation des capacités de stockage
Selon M. Ennaifer, la situation dans le Golfe persique reste particulièrement préoccupante. JPMorgan, la plus grande banque des États-Unis, a alerté que près de soixante navires pétroliers vides attendent actuellement près de cette zone stratégique. La capacité de stockage des pays producteurs, limitée à cinquante millions de barils – soit l’équivalent de trois à quatre jours de production – pourrait être rapidement saturée.
« Selon JPMorgan, si la fermeture de ces pays se poursuit plus de 25 jours, ils devront arrêter la production, faute de capacité de stockage et de moyens d’expédition », a rapporté l’analyste. Cette alerte souligne les risques de perturbations prolongées dans l’approvisionnement mondial, avec des répercussions directes sur les économies importatrices comme celle de la Tunisie.
Conséquences pour l’économie tunisienne
L’augmentation rapide des prix du pétrole aura des effets immédiats sur le budget de l’État et sur le coût des importations. Les entreprises dépendantes des carburants et de l’énergie pourraient voir leurs charges opérationnelles grimper, impactant potentiellement les prix à la consommation. De plus, un déficit commercial accru et des réserves en devises amoindries pourraient limiter la marge de manœuvre des autorités pour soutenir la croissance économique.
Les experts financiers recommandent de suivre de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient, alors que toute escalade pourrait accentuer encore la volatilité des cours du pétrole et amplifier les pressions économiques sur la Tunisie.
I.N.











