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Lycée Ibn Abi Dhief : reprise des examens après un accord sur la situation du directeur révoqué

Par Imen Nouira

Les examens de la semaine bloquée ont repris, jeudi 5 mars 2026 au matin, au lycée Ibn Abi Dhief de La Manouba, après plusieurs jours de perturbations provoquées par un mouvement de protestation au sein de l’établissement. Cette reprise fait suite à un accord intervenu autour de la situation du directeur révoqué, permettant un retour progressif à la normale.

L’annonce de la reprise des épreuves a été faite dans un communiqué publié dans la soirée du mercredi 4 mars 2026 et signé par le directeur par intérim, se référant à la délégation régionale de l’éducation de La Manouba. Le document précise que les examens écrits de la semaine bloquée se dérouleront conformément au calendrier établi.

Selon ce communiqué, les épreuves ont débuté jeudi matin 5 mars et se poursuivront jusqu’au samedi 7 mars. Elles reprendront ensuite lundi 9 mars pour s’achever mardi 10 mars.

Fin du mouvement de protestation

La reprise des examens intervient après la fin du mouvement de protestation déclenché par la révocation du directeur du lycée. La décision avait provoqué une vive réaction au sein de la communauté éducative, qui avait observé une grève générale depuis mardi 3 mars 2026.

Cette mobilisation avait entraîné la suspension des examens du deuxième trimestre et suscité une large solidarité parmi les enseignants et les responsables éducatifs de la région.

Le secrétaire général de la section régionale de La Manouba de la Fédération de l’enseignement secondaire, Adel Azizi, a indiqué à l’agence TAP que la situation s’est finalement débloquée après un règlement concernant le directeur révoqué.

« Une fonction a été attribuée au directeur démis de ses fonctions et ses droits professionnels ont été garantis, avec une reconnaissance de son parcours et de son travail durant onze ans à la tête de l’établissement », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette issue a permis d’apaiser les tensions au sein de la communauté éducative.

« Cette solution a contribué à régler la situation et à instaurer un climat de satisfaction parmi les élèves, les parents, le personnel éducatif et administratif de l’établissement, ainsi que parmi les directeurs d’établissements scolaires qui ont organisé une action de soutien devant le siège de la délégation régionale de l’éducation », a-t-il ajouté.

Les raisons de la grève

Un jour plus tôt, Adel Azizi avait expliqué les motivations de la mobilisation dans une déclaration à l’agence TAP. Le responsable syndical avait indiqué que le mouvement visait à obtenir une révision de la décision de révocation du directeur.

« Le mouvement vise à demander justice pour le directeur et à revoir la décision de le démettre de ses fonctions, compte tenu du travail qu’il a accompli pendant onze ans à la tête d’un établissement qui accueille environ 2.500 élèves et près de 200 membres du personnel éducatif », avait-il affirmé.

Il avait également souligné que les protestations devaient se poursuivre tant qu’aucune solution n’était trouvée.

« Les examens sont suspendus pour le deuxième jour consécutif et les protestations se poursuivront jusqu’à ce que la demande soit satisfaite », avait-il précisé.

Selon lui, cette mobilisation ne concernait pas uniquement la situation administrative du directeur, mais également la défense du statut et de la place de l’institution éducative.

« Cette revendication est également liée à la préservation du statut de l’établissement scolaire et au renforcement de l’image du secteur, afin de garantir le respect des règles de discipline et de responsabilité au sein de l’espace scolaire », avait-il ajouté.

Soupçons d’interventions politiques

Dans le même contexte, Echaab News, organe de presse de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avait indiqué que certains protestataires soupçonnaient une « intervention de parties politiques influentes dans la région », qui aurait précédé la décision de démettre le directeur de ses fonctions.

Ces soupçons ont contribué à alimenter le mouvement de protestation observé au sein de l’établissement et à renforcer les appels à la révision de la décision.

Un climat déjà tendu après un incident disciplinaire

La crise autour de la direction du lycée intervient dans un contexte marqué par des événements disciplinaires récents au sein de l’établissement.

Lundi 23 février 2026, Mehdi Kammoun, enseignant au lycée Ibn Abi Dhief et secrétaire général adjoint de la section régionale de La Manouba de la Fédération de l’enseignement secondaire, avait détaillé la décision prise par le Conseil de discipline de l’établissement.

Treize élèves ont été sanctionnés après l’affichage d’une pancarte comportant un message injurieux à connotation sexiste visant des camarades de sexe féminin, en référence à la Saint-Valentin. Les faits se sont produits lors de la cérémonie marquant le début des épreuves du baccalauréat sport, communément appelée « Dakhla ».

Selon les explications fournies, environ mille élèves étaient rassemblés dans la cour de l’établissement lorsque l’utilisation de fumigènes a provoqué un important dégagement de fumée, réduisant la visibilité et empêchant des surveillants ainsi que des membres de l’administration d’accéder au toit du lycée. C’est dans ces circonstances qu’une pancarte contenant un message insultant a été hissée.

À l’issue de l’enquête interne, le Conseil de discipline a appliqué le règlement en vigueur, notamment le cadre disciplinaire adopté en 1999, en respectant un principe de gradation des sanctions.

Six élèves ont été exclus définitivement de l’établissement, tandis que sept autres ont fait l’objet d’exclusions temporaires pour des durées variables.

Un établissement parmi les plus importants du pays

Mehdi Kammoun a précisé que les élèves sanctionnés représentent une minorité par rapport à l’effectif global de l’établissement. Il a également rappelé que le lycée Ibn Abi Dhief figure parmi les établissements les plus importants du pays en termes d’effectif et qu’il s’est distingué par ses résultats scolaires. Selon lui, l’établissement a notamment enregistré deux premiers rangs nationaux au baccalauréat en 2024.

Concernant les exclusions définitives, il a expliqué qu’elles s’appliquent uniquement à l’établissement d’origine. Les élèves concernés peuvent toutefois déposer une demande exceptionnelle de réaffectation auprès des autorités éducatives régionales afin de poursuivre leur scolarité dans un autre établissement.

Retour progressif à la normale

L’affaire avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes estimant que les sanctions prononcées à l’encontre des élèves étaient sévères.

Le responsable syndical avait, pour sa part, insisté sur la nécessité de préserver la discipline et le climat scolaire, tout en appelant à éviter toute généralisation de l’incident à l’ensemble des élèves de l’établissement.

Avec la reprise des examens jeudi 5 mars 2026, le lycée Ibn Abi Dhief amorce ainsi un retour progressif à la normale après plusieurs jours de tensions au sein de l’un des établissements scolaires les plus importants de la région de La Manouba.

I.N.

*Photo d’illustration

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