Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient contraindre la Tunisie à ajuster son budget si elles devaient entraîner une hausse durable des prix du pétrole. C’est ce qu’a indiqué le président de la commission des Finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari, à l’issue de l’audition du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane.
La commission des Finances s’est réunie mercredi 4 mars 2026 pour examiner, notamment, le suivi de l’utilisation des crédits alloués au projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, connu sous le nom de projet Elmed. Les discussions ont également porté sur les répercussions possibles des tensions au Moyen-Orient, en particulier dans la région du Golfe et au niveau du détroit d’Ormuz, sur les prix et l’approvisionnement en hydrocarbures.
Dans ce contexte, Maher Ketari a expliqué que les autorités tunisiennes se préparent à deux types de conséquences possibles : financières et logistiques.
Sur le plan financier, il a reconnu que la Tunisie ne peut pas maîtriser l’évolution des prix du pétrole sur les marchés internationaux. « Si le pétrole augmente, il augmente pour tout le monde. La Tunisie ne peut pas décider qu’il n’augmentera pas chez elle », a-t-il déclaré.
Face à cette incertitude, des discussions sont en cours avec le ministère des Finances afin d’anticiper l’impact d’une éventuelle flambée des cours. Le président de la commission n’a pas exclu le recours à une loi de finances complémentaire. « Si la guerre se prolonge et que les prix continuent d’augmenter, il est probable que nous soyons amenés à adopter une loi de finances complémentaire, peut-être vers la fin du mois de juin », a-t-il indiqué, précisant que l’évolution du conflit reste pour l’instant imprévisible.
Maher Ketari a également évoqué l’impact potentiel sur le budget de compensation des carburants. Selon lui, les autorités examinent déjà la possibilité d’augmenter l’enveloppe consacrée au soutien des prix des hydrocarbures afin d’absorber une éventuelle hausse sur les marchés internationaux.
Sur le plan logistique, il a tenu à rassurer quant à l’approvisionnement du pays. Le principal risque serait un éventuel retard dans l’acheminement des cargaisons, par exemple si un navire transportant des hydrocarbures devait être retardé d’un ou deux mois en raison de perturbations liées au conflit.
Toutefois, les responsables ont souligné que les sources d’approvisionnement de la Tunisie réduisent ce risque. Lors de son audition, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a rappelé que les contrats d’importation de gaz naturel sont principalement conclus avec l’Algérie ainsi qu’avec certains pays européens.
Concernant le pétrole brut, la majorité des contrats est signée avec l’Azerbaïdjan, ce qui permet d’éviter les routes maritimes passant par les zones actuellement touchées par les tensions, notamment le détroit d’Ormuz.
M.B.Z










