Mercredi 4 mars 2026, devant la commission des Finances de l’Assemblée des représentants du peuple, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Ouael Chouchene, s’est voulu rassurant. Les tensions croissantes au Moyen-Orient, a-t-il expliqué aux députés, ne devraient pas avoir d’impact immédiat sur l’approvisionnement énergétique de la Tunisie.
Interrogé sur les conséquences possibles de l’escalade militaire dans la région, notamment autour du Golfe et du détroit d’Ormuz, le responsable a tenu à tempérer les inquiétudes. Selon lui, les flux d’importation tunisiens ne sont pas directement exposés à ces risques.
La raison ? Les contrats d’approvisionnement en pétrole brut de la Tunisie sont majoritairement conclus avec l’Azerbaïdjan. Par conséquent, a expliqué Ouael Chouchene, ces importations ne transitent pas par le détroit d’Ormuz, ce qui réduit considérablement les risques de perturbation à court terme.
Un raisonnement qui semblait, mercredi encore, parfaitement logique.
Mais l’actualité régionale a parfois le sens du timing.
Jeudi 5 mars, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a accusé l’Iran d’avoir mené une attaque de drones contre des cibles situées dans l’enclave du Nakhitchevan, territoire azerbaïdjanais frontalier de l’Iran. Selon Bakou, l’attaque a visé notamment un aéroport et une zone proche d’une école, faisant quatre blessés.
Téhéran a rapidement démenti toute implication et a plutôt pointé du doigt Israël, allié stratégique de l’Azerbaïdjan et engagé, avec les États-Unis, dans les bombardements visant l’Iran depuis plusieurs jours.
Quoi qu’il en soit, la réaction de Bakou ne s’est pas fait attendre. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, le président Ilham Aliev a dénoncé un « acte terroriste » et a indiqué avoir donné instruction à l’armée de préparer des mesures de représailles contre l’Iran.
En l’espace de vingt-quatre heures, l’un des pays présentés comme un fournisseur énergétique relativement à l’écart des tensions régionales se retrouve donc, lui aussi, entraîné dans la spirale du conflit.
Une évolution qui illustre surtout à quel point la situation géopolitique actuelle reste imprévisible. Et qui laisse une question en suspens : que dira désormais le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique si le front venait effectivement à s’étendre jusqu’à l’Azerbaïdjan ?
Dans un Moyen-Orient en ébullition, les certitudes énergétiques peuvent parfois avoir la durée de vie d’un simple cycle d’actualité.
R.B.H











Commentaire
jamel.tazarki
Dans l’article ci-dessus, comme dans celui de M. Ouael Chouchene, l’information est incomplète. En effet, ils ne traitent que de la dimension logistique, négligeant ainsi la dimension financière, qui est pourtant encore plus influente.
Je m’explique :
a) La dimension logistique a été bien discutée dans l’article ci-dessus.
b) La dimension financière : la Tunisie ne peut pas maîtriser l’évolution des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Si le prix du pétrole augmente, il augmente pour tout le monde. La Tunisie ne peut pas décider qu’il n’augmentera pas pour elle. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’un pays ami nous vende son pétrole à 69 dollars le baril alors qu’il pourrait le vendre à 100 dollars ailleurs (il ne faut pas trop rêver…)
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La question évidente qui se pose alors est la suivante : avons-nous les moyens financiers afin de payer le baril de pétrole 100 dollars, voire plus ?
– Puis, La dimension logistique peut être résolue si les finances sont suffisantes.
– Fazit: la Tunisie ne pourrait jamais fonctionner sur les plans socio-économiques en prenant des décisions basées sur des informations incomplètes !