Seif al-Islam Kadhafi a été tué par balle dans l’ouest de la Libye lundi 3 février 2026. Trois suspects ont été interpellés, a annoncé, jeudi 5 février dans un communiqué, le Bureau du procureur général, alors que l’enquête se poursuit dans un climat politique déjà fortement tendu.
Les circonstances de l’assassinat dévoilées
Selon le communiqué officiel, « les auteurs de l’assassinat ont planifié l’attaque en surveillant la victime à son domicile. Ils ont attendu le moment propice et pénétré dans la cour de sa résidence en franchissant le mur de clôture. La victime a été prise au piège dans un espace réduit, ce qui l’a empêchée de se défendre. Les assaillants ont ouvert le feu avec des armes automatiques, certaines balles atteignant directement le corps de la victime, d’autres ricochant. La mort de Seif al-Islam Kadhafi est survenue sur place. »
Le communiqué poursuit : « Les enquêteurs se sont rendus sur les lieux pour examiner le corps, enregistrer les blessures et relever les indices sur le site du crime. Ils ont également recueilli des témoignages de personnes disposant d’informations sur l’événement et ses circonstances. Parallèlement, le service de soutien technique a suivi les activités et déplacements des suspects avant et après le meurtre, analysé les preuves et les liens résultant de l’examen des lieux. Cette enquête a permis d’identifier le lieu de réunion des suspects, le moment de leur départ vers le site du crime, les véhicules utilisés et d’identifier trois personnes soupçonnées, qui ont été arrêtées sur ordre du parquet. »

Les autorités libyennes ont indiqué que les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations exactes des auteurs et leur éventuelle implication dans d’autres crimes. L’analyse des preuves et la reconstitution du déplacement des suspects sont au cœur des opérations de l’équipe d’enquête, qui comprend médecins légistes, experts et spécialistes techniques.
Contexte politique et réactions
L’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi, âgé de 53 ans, intervient dans un contexte de forte tension en Libye, déjà divisée entre deux pôles rivaux : le Gouvernement d’unité nationale (GNU) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif parallèle à Benghazi, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar. Condamné à mort en 2015 par les autorités de Tripoli, Seif al-Islam Kadhafi avait bénéficié d’une amnistie et se présentait depuis comme un candidat sérieux pour diriger le pays.
Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Al-Menfi, a appelé les différentes factions et acteurs politiques à la retenue, invitant à attendre les conclusions de l’enquête officielle avant de tirer des conclusions. L’assassinat relance également de nombreuses spéculations sur les parties susceptibles d’en tirer profit, certains observateurs évoquant un mode opératoire professionnel.
Retour sur l’enquête initiale
Le parquet général libyen avait annoncé, mercredi 4 février 2026, l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi, tué par balle la veille dans la ville de Zenten, dans l’ouest du pays. Une équipe d’enquête s’était rendue sur place dès mardi, accompagnée de médecins légistes, d’experts et de spécialistes, afin de procéder aux constats nécessaires, examiner la dépouille et collecter les premiers éléments. Les autorités judiciaires avaient confirmé une mort par arme à feu et assuré que les investigations se poursuivaient pour identifier et retrouver les auteurs.
I.N.










