Le président russe Vladimir Poutine a adressé, lundi 9 mars 2026, un télégramme de félicitations à Mojtaba Khamenei, récemment nommé Guide suprême de la République islamique d’Iran, a annoncé le Kremlin.
Dans son message, le chef du Kremlin a souligné la difficulté de la mission qui attend le nouveau dirigeant religieux iranien, alors que le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. « Dans un contexte où l’Iran fait face à une agression armée, vos fonctions à ce poste élevé exigeront sans doute beaucoup de courage et de dévouement », a indiqué Vladimir Poutine, exprimant sa conviction que Mojtaba Khamenei poursuivra « honorablement l’œuvre de son père » et saura maintenir l’unité du peuple iranien face aux épreuves.
Le président russe a également réaffirmé le soutien de Moscou à Téhéran, assurant que la Russie « a été et restera un partenaire fiable de la République islamique », dans un message qui souligne l’importance stratégique du rapprochement entre les deux pays dans le contexte actuel de tensions internationales.
Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei devient le troisième Guide suprême de l’histoire de l’Iran. Sa désignation intervient à la suite de la mort de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février lors d’une frappe aérienne conjointe américano-israélienne ayant visé sa résidence à Téhéran. Le dirigeant iranien occupait cette fonction depuis 1989, soit pendant 37 ans, et avait profondément marqué l’orientation politique et stratégique de la République islamique.
Le nouveau Guide suprême a été choisi dimanche par l’Assemblée des experts, organe composé de membres du clergé élus au suffrage universel et chargé de désigner la plus haute autorité politique et religieuse du pays. Cette institution joue un rôle central dans l’architecture du pouvoir iranien, le Guide suprême disposant d’une influence déterminante sur les orientations militaires, politiques et religieuses de l’État.
La nomination de Mojtaba Khamenei intervient dans un contexte régional particulièrement explosif, marqué par l’escalade militaire opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis. La mort d’Ali Khamenei, dès le premier jour de la guerre le 28 février, a ouvert une séquence politique sensible pour le régime iranien, confronté à la nécessité de préserver la stabilité interne tout en faisant face à une pression extérieure accrue.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a salué cette désignation, estimant qu’elle constitue une étape importante pour renforcer l’unité nationale dans une période critique pour le pays.
À Washington, les réactions ont été nettement plus hostiles. Dimanche 8 mars, le président américain Donald Trump a déclaré que le nouveau Guide suprême iranien « ne tiendra pas longtemps » sans l’aval des États-Unis, et ce avant même que le nom du successeur d’Ali Khamenei ne soit rendu public.
Des propos aussitôt rejetés par Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que la désignation du Guide suprême relève exclusivement du peuple iranien et de ses institutions, rappelant qu’« elle n’appartient à personne d’autre ».
Dans ce contexte de confrontation géopolitique, la nomination de Mojtaba Khamenei apparaît déjà comme un moment charnière pour la République islamique, appelée à gérer simultanément une transition au sommet de l’État et une confrontation militaire d’ampleur régionale.
R.B.H










