L’ancien ministre et dirigeant politique Mohamed Abbou a estimé que l’indépendance de la décision nationale tunisienne dans les dossiers internationaux reste tout à fait possible, à condition de s’appuyer sur un État de droit solide et des institutions crédibles.
Dans une publication diffusée lundi 9 mars 2026 sur les réseaux sociaux, il s’est penché sur les fluctuations des positions politiques face aux grandes questions internationales. Selon lui, les discours excessivement rigides et les slogans tonitruants dissimulent souvent une réalité plus prosaïque : la peur. Une peur qui peut, dit-il, toucher aussi bien les gouvernants que les citoyens.
La peur, moteur caché des postures politiques
Pour Mohamed Abbou, cette crainte s’exprime différemment selon les camps. Les citoyens peuvent redouter le coût d’une opposition réelle au pouvoir, une attitude héritée d’une longue tradition autoritaire que la décennie suivant la révolution n’a pas totalement effacée. Les dirigeants, eux, peuvent craindre pour leur maintien au pouvoir, notamment lorsqu’ils sentent leur légitimité fragilisée. Dans ce cas, certains peuvent être tentés de rechercher une forme de protection ou de soutien auprès de partenaires étrangers, en particulier occidentaux.
L’ancien ministre rappelle toutefois que les priorités des puissances occidentales ne sont pas nécessairement la défense des droits humains à l’étranger, même si certaines voix s’élèvent parfois en ce sens.
Pour Mohamed Abbou, la véritable indépendance du choix national ne dépend pas uniquement du rapport de force avec l’extérieur, mais d’abord de la solidité interne de l’État. Celle-ci passe, selon lui, par la transparence, la séparation effective des pouvoirs, la liberté d’expression et une gestion rationnelle et responsable des affaires publiques.
Une diplomatie rationnelle plutôt que des postures héroïques
Sur le plan diplomatique, il estime que le temps des dirigeants charismatiques de l’ère post-indépendance est révolu. La politique étrangère devrait, selon lui, être guidée par une approche pragmatique et modérée, conduite par un président légitime, stable dans ses fonctions et bénéficiant d’une confiance politique claire.
Il souligne également l’importance d’une diplomatie compétente, capable de tisser des relations équilibrées avec différents partenaires, non seulement avec les gouvernements occidentaux, mais aussi avec leurs oppositions politiques, leurs sociétés civiles et leurs médias.
Enfin, Mohamed Abbou rappelle que la Tunisie a bénéficié, dans les premières années suivant la révolution, d’un respect notable sur la scène internationale.
Selon lui, la Tunisie peut défendre ses positions souveraines sur les dossiers internationaux avec confiance et sérénité, à condition de s’appuyer sur un État solide et sur des arguments politiques clairs, plutôt que sur des postures et des surenchères rhétoriques qui finissent souvent par produire l’effet inverse.
S.H












2 commentaires
Mohamed Mabrouk
Bonjour Mr Abou. Vous avez été parmis ceux qui se sont bien activé pour conduire mon cousin Marouane en prison. Il est accusé de refuser sa propre expropriation et le gel de ses avoirs. Ce n’est pas un crime. Tout citoyen a le droit de refuser l’injustice et de se referer à la justice pour se défendre. Mais vous etes parmis ceux qui considerent que c’est un crime parceque vous jugez que ses avois ne sont pas legitimes parcequ’il était le mari de la fille de votre ennemi.
La legitimité, Monsieur Abou , doit d’abord etre concretisée sous forme de loi pour etre connue et prise en compte par les citoyens. Sinon, elle reste des idées discutables, de l’ideologie et parfois du ressentiment.
L’ideologie et le ressentiment ne font normalement pas partie du contrat social entre gouvernant et gouverné, et, par conséquent, ne construisent pas l’Etat solide basé sur la confiance et la sérenité que vous souhaitez.
Revenez a la verité cher Mr Abou et soyez juste dans ses 10 derniers jours de ramadan. Dieu vous eclaire et vous beni et vous serez, si dieu veut une vraie reference dans la construction d’une Tunisie confiante et sereine.
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُونُوا قَوَّامِينَ لِلَّهِ شُهَدَاءَ بِالْقِسْطِ وَلَا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآنُ قَوْمٍ عَلَى أَلَّا تَعْدِلُوا اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوَى وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تعملون
zaghouan2040
Effectivement la boussole principale du régime, tant sur le plan de la gouvernance interne que la gestion des relations internationales, est la peur.
Cette « gouvernance » sous la peur et par la peur en dit long,très long : c’est l’ADN du pouvoir actuel qui conçoit son action exclusivement en fonction de ses chances de survie ,et ce depuis 7 années
Ceci explique le blocage interne et l’affligeante pusillanimité du pays dans le domaine de ses relations internationales
Rappel : il y a deux mois encore le mouvement Soumoud était encensé par tous jusqu’à l’hystérie