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Sucre impropre à la consommation : le député Gammoudi pointe une gestion douteuse à l’Office du commerce

Par Imen Nouira

Le député Badreddine Gammoudi est revenu, dimanche 8 mars 2026, dans un post publié sur sa page Facebook, sur la perte d’une quantité importante de sucre blanc, dont la valeur est estimée à environ 170.000 dinars. Selon lui, cette cargaison, réceptionnée au port de Bizerte, serait devenue impropre à la consommation, ce qui soulève des interrogations sur les conditions de stockage et la gestion de l’opération.

Dans sa publication, l’élu affirme suivre ce dossier de près et évoque plusieurs informations qu’il présente sous forme de questions, estimant que certaines données pourraient ne pas être communiquées spontanément à la justice par l’administration concernée.

Selon lui, l’affaire concerne l’Office du commerce de la Tunisie (OCT), établissement public chargé notamment de l’importation et de la gestion de plusieurs produits de base subventionnés par l’État, dont le sucre, le riz, le café et le thé.

Des interrogations sur la location d’un entrepôt à Bizerte

Parmi les points soulevés, M. Gammoudi s’interroge sur la décision de l’Office du commerce de louer un entrepôt à Bizerte pour y stocker la cargaison de sucre réceptionnée au port.

Le député souligne que l’établissement public disposerait déjà, selon lui, de capacités de stockage importantes. Il rappelle également que le sucre est souvent difficile à trouver sur le marché, ce qui pourrait laisser supposer l’existence d’entrepôts vacants appartenant à l’Office.

Dans ce contexte, il estime que le recours à la location d’un dépôt externe pourrait soulever des soupçons de mauvaise gestion.

Des questions sur la programmation des importations

Dans son message, le député évoque également la possibilité d’un problème de programmation dans la réception des quantités de sucre importées. Il s’interroge sur le fait que certaines cargaisons auraient été acceptées en dehors des délais initialement prévus.

Il affirme également disposer d’informations selon lesquelles l’un des fournisseurs aurait manqué à l’une des clauses contractuelles. Par ailleurs, il évoque un retard dans la réception de certaines expéditions, tout en estimant que la direction générale de l’office n’aurait pas réagi face à ces situations.

Un entrepôt jugé inadapté au stockage

L’élément que M. Gammoudi considère comme le plus préoccupant concerne l’entrepôt dans lequel la cargaison aurait finalement été stockée.

Selon lui, une commission aurait initialement refusé d’approuver ce dépôt en raison de son inadaptation au stockage de denrées alimentaires telles que le sucre. Malgré cet avis défavorable, l’entrepôt aurait été loué sur instruction du directeur général adjoint.

Toujours selon la version présentée par le député, cette décision aurait conduit à ce que la cargaison devienne impropre à la consommation.

Appel à l’intervention de la justice

Dans son message, M. Gammoudi indique suivre ce dossier « avec sérieux », tout en regrettant le silence du ministère du Commerce et du Développement des exportations.

Il précise avoir choisi de présenter ces éléments sous forme de questions afin qu’ils soient, selon lui, pris en considération par le ministère public.

Le député conclut en indiquant que ce dossier reste en cours de suivi et que d’autres éléments pourraient être révélés ultérieurement. À ce stade, aucune réaction officielle de l’Office du commerce de la Tunisie ou du ministère du Commerce n’a été rendue publique concernant ces déclarations.

I.N.

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Commentaire

  1. HatemC

    Répondre
    9 mars 2026 | 14h28

    Le “paradoxe tunisien” : un pays qui avait une certaine capacité agro-industrielle et qui dépend aujourd’hui fortement de l’importation pour des produits de base comme le sucre.

    Historiquement, la Tunisie possédait une production sucrière basée surtout sur la betterave sucrière.
    L’acteur central était la société publique :
    Société tunisienne du sucre (STS) située à Béja.
    Un pays peut devenir dépendant non pas par manque de potentiel, mais par accumulation de mauvaises décisions publiques.

    Le cas du blé en Tunisie est encore plus révélateur que celui du sucre. C’est l’un des paradoxes agricoles les plus frappants du pays.

    LE VRAI PROBLEME …UNE CHAINE AGRICOLE MAL ORGANISEE
    En réalité, la Tunisie n’a pas un problème de production pure.

    Le problème est surtout :
    – logistique
    – planification
    – stockage
    – régulation du marché.

    Autrement dit :
    LA CHAINE AGRICOLE ENTRE LE CHAMP ET LE CONSOMMATEUR EST DEFAILLANTE

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