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Tariq Ramadan, du prédicateur star au scandale sexuel

Service IA, Business News

Par Maya Bouallégui

Jugé à Paris pour viols sur trois femmes, Tariq Ramadan ne s’est pas présenté à son procès. La justice française l’a déclaré en fuite et a délivré un mandat d’arrêt contre lui. Resté en Suisse, l’islamologue est déjà condamné pour viol par la justice de son pays.

Une affaire tentaculaire qui, depuis 2017, a brisé la carrière de celui qui se présentait comme une figure morale de l’islam.

Le procès de Tariq Ramadan s’est ouvert lundi 2 mars devant la cour criminelle de Paris. Mais l’accusé n’était pas là. L’islamologue suisse, poursuivi pour viols sur trois femmes, ne s’est pas présenté à l’audience et ses avocats ont quitté la salle après que la cour a décidé de poursuivre les débats malgré son absence.

Vendredi 6 mars, la cour a estimé que Tariq Ramadan était « absent sans excuse valable » et a décidé de le juger par défaut, tout en délivrant contre lui un mandat d’arrêt à exécution immédiate, rapporte Le Monde. Le procès doit se dérouler sur trois semaines, à huis clos, et le verdict est attendu le 27 mars.

Les audiences ont donc repris ce matin, lundi 9 mars 2026, sans lui.

Selon Le Monde, l’islamologue de 63 ans avait fait savoir, par l’intermédiaire de ses avocats, qu’il était hospitalisé à Genève. La défense évoquait une poussée de la sclérose en plaques dont il souffre, voire une suspicion d’AVC. Mais deux neurologues mandatés par la justice française ont conclu que la maladie était stable et que l’accusé était en état de comparaître. Encore une fois, M. Ramadan joue la montre et l’exagération mensongère de son état de santé.

Autre élément embarrassant : Tariq Ramadan était soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire français sans autorisation préalable. Or, souligne Le Monde, il s’est rendu en Suisse sans en faire la demande.

Le refuge suisse

En choisissant de rester en Suisse, Tariq Ramadan se place de facto hors de portée immédiate de la justice française. Comme le souligne Le Monde, la Confédération helvétique n’extrade pas ses ressortissants, ce qui rend très improbable son transfèrement vers la France même si la justice française souhaite le juger ou exécuter une éventuelle condamnation.

La situation est d’autant plus paradoxale que l’islamologue a déjà été jugé par la justice suisse. En mai 2023, le tribunal correctionnel de Genève l’avait acquitté au bénéfice du doute des accusations de viol et de contrainte sexuelle liées à des faits remontant à 2008.

Mais ce jugement a été renversé en appel. En 2024, la cour de justice de Genève a finalement reconnu Tariq Ramadan coupable de viol et de contrainte sexuelle et l’a condamné à trois ans de prison, dont un an ferme.

Cette décision a ensuite été confirmée définitivement en août 2025 par le Tribunal fédéral suisse, la plus haute juridiction du pays, comme le rapportela radio-télévision publique RTS. Cette confirmation a mis fin à la bataille judiciaire menée par Tariq Ramadan pour faire annuler la condamnation.

Paradoxalement, l’islamologue avait jusque-là invoqué les poursuites engagées en France pour retarder l’exécution de cette peine en Suisse. Désormais jugé à Paris en son absence et visé par un mandat d’arrêt, il se retrouve dans une situation judiciaire complexe, pris entre deux procédures distinctes dans deux pays différents.

La Suisse apparaît ainsi aujourd’hui comme un refuge juridique et territorial, permettant à Tariq Ramadan de se tenir à distance de la justice française, même si sa condamnation helvétique demeure, elle, pleinement exécutoire. Autrement dit, même s’il échappe pour l’instant à la justice française, Tariq Ramadan ne pourra pas éviter la case prison : sa condamnation en Suisse est désormais définitive.

Une figure controversée de l’islam européen

Né en 1962 à Genève, Tariq Ramadan s’est longtemps imposé comme l’une des figures les plus médiatisées de l’islam européen. Universitaire, essayiste et conférencier, il est surtout connu pour être le petit-fils de Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans.

Pendant des années, il a incarné pour certains une voix influente de l’islam en Europe, multipliant conférences et publications et enseignant notamment à l’université d’Oxford.

Mais cette image d’intellectuel religieux s’est brutalement fissurée en 2017 lorsque plusieurs femmes l’ont accusé de violences sexuelles.

L’affaire qui a fait tomber Ramadan

La chute de Tariq Ramadan commence à l’automne 2017, dans le sillage du mouvement #MeToo. Le 20 octobre, la militante féministe Henda Ayari dépose plainte en France et accuse l’islamologue de l’avoir violée en 2012 dans un hôtel parisien.

Née à Rouen (France) d’un père algérien et d’une mère tunisienne, ancienne salafiste devenue militante contre l’islamisme radical, Henda Ayari agit comme un déclencheur. Son témoignage libère rapidement d’autres paroles.

Quatre jours après la plainte de Mme Ayari, une autre Française dépose plainte à son tour pour des faits similaires. Puis les révélations se multiplient. En Suisse, quatre anciennes élèves de Tariq Ramadan affirment dans la presse avoir été victimes d’abus de sa part dans les années 1980 et 1990, alors qu’elles étaient âgées de 14 à 18 ans. Ces faits, trop anciens, sont aujourd’hui prescrits, mais ils jettent une lumière troublante sur le parcours du prédicateur.

L’affaire prend alors une ampleur internationale. Entre février 2018 et mai 2019, quatre autres femmes – en France, aux États-Unis et en Suisse – déposent plainte à leur tour, évoquant des crimes ou des délits sexuels. Les accusations s’accumulent et le dossier judiciaire se complexifie.

Selon France Inter, le procès actuel à Paris porte sur trois accusations de viol commises entre 2009 et 2016.

Au fil de l’enquête, Tariq Ramadan a d’abord nié toute relation sexuelle avec certaines plaignantes avant de reconnaître l’existence de relations intimes, tout en soutenant qu’elles étaient consenties.

La multiplication des accusations, leur provenance de plusieurs pays et leur étalement sur plusieurs décennies ont fini par transformer le prédicateur star en protagoniste d’un scandale judiciaire international.

Une procédure judiciaire tentaculaire

Depuis 2017, l’affaire Ramadan s’est transformée en un feuilleton judiciaire complexe, mêlant procédures en France et en Suisse.

Selon Franceinfo, l’ouverture du procès parisien a déjà été marquée par plusieurs jours de blocage procédural liés à l’absence de l’accusé et aux débats sur son état de santé. Finalement, la cour a décidé de poursuivre les audiences malgré tout.

Si Tariq Ramadan venait à être condamné, il pourra faire appel. Mais s’il choisit de rester en Suisse, sa nationalité pourrait lui permettre de se maintenir hors de portée de la justice française.

Persona non grata en Tunisie

En Tunisie, Tariq Ramadan est considéré depuis plusieurs années comme persona non grata, malgré l’existence de certains soutiens dans les milieux islamistes. Parmi ses proches figurait notamment l’ancien ministre et dirigeant du CPR Slim Ben Hamidane, qui lui avait apporté publiquement son soutien au début de l’affaire.

Autrefois invité régulier de conférences et figure influente dans certains cercles militants, l’intellectuel genevois est aujourd’hui largement discrédité dans notre pays.

Entre accusations de viol, condamnation en Suisse et procès en France auquel il refuse d’assister, Tariq Ramadan voit désormais son destin judiciaire se jouer à distance. L’intellectuel qui prétendait incarner un islam européen modernisé se retrouve aujourd’hui au centre de l’un des scandales les plus retentissants de ces dernières années.

Maya Bouallégui

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2 commentaires

  1. De l'intellectuel cohérent en génante propenSion critique sans fioritures ni émiratures...à néo-Dreyfus parmi des dizaines de milliers occulté.e.s d'autres en ce XXI siècle pétaradant commencant !

    Répondre
    9 mars 2026 | 17h55

    69 la triK, Nietzsche.

    Humain, trop humain.

    Force et faiblesse.

    De Tariq ramadan l’intellectuel mettant en péril « l’ordre des dominations » par ses cohérents comme pertinents questionnements critiques et entreprenantes initiatives académico-associatives par invariables appels de longue date à conscientisation, à sorties et mise en garde des encornerisations duales façon bigoteries litteralistes ( inoffensives comme lucratives, nourries et incitées par certains intérêts.aussi constants que bizn compris)… et à assumer à part entiere sans traitement entièrement à part sa pleine citoyenneté, sa pleine concsience spirituelle et sa pleine force de proposition vertueuse civique, sociale et humaine…

    à…

    Tariq ramadan le néo-Dreyfus de pétaradant XXI siècle commencant et sa jusante Justice aux paquets de milles Qômme de cents d autres à travers globe de la foutue coalition des siècles émiratés mzawarabes siscircassiens comme usrahelliens antidémocratiques et contre-révolutionnaires…

    LIBERTE, DIGNITE DE TRAITEMENT, JUSTICE ET SOLIDARITE AUX DETENU.E.S COMME ENTRAVE.E.S ILLEGITIMES POUR RAISONS POLITIQUES ET D’OPINIONS SANS EXCEPTIONS !

  2. Gg

    Répondre
    9 mars 2026 | 11h47

    France Inter, France Info!
    Que des médias acquis à l’entrisme islamique.
    Serait ce trop vous demander que de diversifier vos sources?
    Sinon, ne faites pas référence à des sources françaises, merci.
    Sur le bonhomme, tout a été dit. Il paiera, un jour ou l’autre…

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