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Suspension du prélèvement automatique : l’UGTT appelle à la mobilisation

Par Imen Nouira

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) réagit avec fermeté à la décision du gouvernement de suspendre le mécanisme de retenue directe sur les salaires au titre de l’adhésion syndicale. Face à ce qu’elle qualifie de mesure punitive, la centrale syndicale lance une campagne nationale pour mobiliser ses adhérents et défendre leurs droits, en les invitant à renouveler leur adhésion et à verser directement leurs cotisations via les structures locales du syndicat.

Une mesure jugée punitive

Dans son communiqué officiel publié mardi 10 mars 2026, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, souligne :

« Sur décision unilatérale de l’autorité gouvernementale, le mécanisme de prélèvement direct volontaire des travailleurs pour le compte de l’UGTT a été suspendu. Les structures syndicales considèrent cette démarche comme une tentative systématique de restreindre le droit syndical, de fragiliser l’indépendance de notre organisation et de réduire la voix des travailleurs. »

« Ce dispositif, qui intervient dans un contexte social et économique délicat, ne vise pas seulement les ressources financières du syndicat, mais cherche également à rompre le lien historique et étroit entre les militants et leur organisation. Le syndicat restera toujours la voix de ceux qui n’en ont pas, et sa force ne dépend que de la volonté de ses membres », ajoute-t-il.

Une campagne nationale pour l’adhésion directe

Face à cette situation, l’UGTT appelle à une mobilisation générale :

« Nous lançons la campagne nationale ‘Mon adhésion… mon droit et ma décision’ et invitons tous les travailleurs, dans tous les secteurs et toutes les régions, à se rendre massivement dans les bureaux régionaux et locaux pour renouveler directement leurs adhésions via les cartes. Chaque adhésion renouvelée est un vote affirmant la permanence de notre syndicat et la force de la volonté des travailleurs face à toutes les tentatives de pression. »

Le communiqué insiste également sur la dimension militante de cette campagne :

« Il ne s’agit pas seulement d’une procédure administrative, mais d’une action syndicale renouvelée qui confirme que notre union puise sa force dans ses bases conscientes et engagées. »

Des réactions fortes depuis février

Depuis le début février 2026, cette décision gouvernementale a suscité de vives réactions au sein de l’UGTT. Le secrétaire général adjoint, Sami Tahri, avait dénoncé la suspension du mécanisme de retenue directe, qu’il qualifiait de « mesure punitive », tout en précisant que l’organisation utiliserait « toutes les formes de lutte » pour rétablir le droit au transfert automatique des cotisations.

Selon Tahri, le prélèvement direct n’est aucunement un outil contraignant mais un dispositif volontaire, fondé sur le choix individuel de chaque travailleur. Dans un post publié sur les réseaux sociaux le 5 février 2026, il rappelait que ce mécanisme repose sur le principe du volontariat et constitue un droit syndical fondamental, acquis au terme de longues luttes sociales. Il a également souligné son rôle historique comme instrument renforçant la représentation et les droits des travailleurs, et averti que sa suppression pourrait constituer une atteinte grave au droit syndical, surtout si elle cible un syndicat en particulier ou survient dans un contexte de tensions politiques.

Une mobilisation historique et continue

Sami Tahri a rappelé un précédent historique sous le gouvernement de Mohamed Mzali, lorsque la suspension du prélèvement avait été mise en œuvre au cours de tensions similaires entre le pouvoir et l’UGTT. Selon lui, la décision actuelle s’inscrit dans un ensemble de mesures restrictives, incluant la remise en cause d’accords antérieurs, la suspension du dialogue social, la suppression de certaines facilités syndicales et même des poursuites judiciaires contre des syndicalistes.

« Dans le passé, la suspension du prélèvement avait été contournée grâce à des campagnes d’adhésion directe. Aujourd’hui, les outils numériques offrent de nouvelles alternatives pour garantir la continuité du droit à l’adhésion », affirme Tahri.

Pour le responsable syndical, la mobilisation actuelle dépasse la simple question du financement syndical : il s’agit d’une défense globale du droit syndical dans toutes ses dimensions, témoignant de la volonté des travailleurs de rester indépendants, unis et actifs dans la protection de leurs droits et de leur dignité.

Des slogans et messages de mobilisation

Depuis quelques jours, des posts et affiches circulent sur les pages officielles et communautaires de l’UGTT pour inciter à l’adhésion directe. Le syndicat y utilise des slogans tels que :

« En m’adhérant, je protège mes droits »,

« Mon syndicat, ma force », ou encore

« Ta voix ne peut être réduite au silence »,

renforçant l’appel à la mobilisation et à la défense des droits syndicaux dans tout le pays.

I.N.

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