Makram Jlassi, ancien membre du cabinet de la ministre de la Justice Leïla Jaffel, a été condamné mardi 10 mars 2026 à cinq ans de prison ferme par la chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis.
Il a comparu le matin même sur la base d’accusations d’abus de confiance dans une affaire liée à une association qu’il préside.
Lors de l’audience, M. Jlassi a nié les faits, précisant que c’est son expert-comptable qui tenait les comptes de l’association. La cour a décidé de se prononcer après l’audience et a rendu son verdict en début d’après-midi : cinq ans de prison ferme.
Un personnage au cœur de plusieurs affaires
Makram Jlassi est un personnage très controversé dont le nom est revenu dans plusieurs affaires, notamment celle du complot contre l’État 1.
Il aurait été parmi les acteurs principaux ayant monté le dossier qui a conduit à l’emprisonnement de dizaines de personnalités politiques et médiatiques tunisiennes parmi les plus respectées.
L’affaire Samir Jaieb
Outre cette affaire liée à son association, Makram Jlassi est également impliqué dans un autre dossier d’envergure : celui de l’homme d’affaires Samir Jaieb.
Cette affaire a été déclenchée en juillet 2024, concomitamment avec la vraie-fausse démission de Makram Jlassi du ministère de la Justice. Elle implique plusieurs anciens hauts cadres de l’administration tunisienne, dont notamment Hakim Hammami, ancien directeur général de la police judiciaire.
Six mandats de dépôt ont été émis contre des personnalités proches du pouvoir
Selon les éléments de l’enquête, M. Jlassi aurait profité de sa position au ministère de la Justice pour mener des transactions litigieuses avec M. Jaieb. Il lui aurait notamment facilité un départ à l’étranger alors que son nom devait être inscrit sur la liste des interdits de voyage.
M. Jaieb a toutefois choisi de revenir en Tunisie afin d’affronter la justice. Il a été placé en détention dès son arrivée à Tunis en octobre 2024, avant d’être condamné à cinq ans de prison ferme en première instance en février 2025.
Un parcours atypique
D’après des sources concordantes, Makram Jlassi a rejoint le ministère de la Justice à l’âge de 43 ans, à l’époque où Noureddine Bhiri était ministre.
C’est ce dernier qui l’aurait recruté au tribunal de Nabeul, avant que Makram Jlassi ne rejoigne par la suite le cabinet de Leïla Jaffel.
Avant d’intégrer l’administration judiciaire, il était simple postier.
R.B.H.











