La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a mis en lumière, vendredi 13 mars 2026, la complexité croissante des relations entre l’Europe et les États-Unis, tout en exprimant ses inquiétudes face à la guerre au Moyen-Orient, dont l’issue reste imprévisible. Dans un entretien accordé au Financial Times, elle a souligné que l’Union européenne devait agir de manière unie face à Washington et que le conflit dans la région nécessitait une désescalade rapide.
« Il est essentiel que chacun comprenne que les États-Unis ont clairement indiqué vouloir diviser l’Europe. Ils n’apprécient pas l’Union européenne », a déclaré Kallas dans un entretien accordé au Financial Times.
Les 27 États membres de l’UE, eux, restent divisés sur la manière de gérer cette relation délicate. « La réponse ne doit pas être : ‘Négocions avec [Trump] de manière bilatérale’, mais plutôt : ‘Agissons ensemble’ », a insisté Mme Kallas. « Ils n’apprécient pas notre unité, car lorsque nous sommes unis, nous devenons des puissances égales. »
Notant que la posture de Donald Trump a renforcé les positions de pays comme la France, favorables à une Europe plus autonome, moins dépendante des États-Unis, notamment en matière de défense, elle a toutefois mis en garde contre un changement trop rapide : « À court terme, il est possible de concilier pragmatisme et autonomie. Nous devons acheter certains équipements aux États-Unis, car nous ne disposons pas encore des capacités nécessaires. Mais nous devons également investir dans notre propre industrie de défense pour ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. »
Cette mise en garde transatlantique s’inscrit dans un contexte de guerre au Moyen-Orient qui continue de s’enliser et pourrait connaître une évolution imprévisible. Dans le même entretien, Kaja Kallas a averti que personne ne semble aujourd’hui en mesure d’anticiper l’issue du conflit, tandis que les pays voisins de Iran redoutent une période prolongée d’instabilité et de menaces.
Interrogée sur les perspectives d’évolution de la guerre, Kaja Kallas s’est montrée prudente. « Je ne pense pas que quiconque le sache vraiment », a-t-elle déclaré, soulignant qu’« il est facile de déclencher des guerres, mais elles finissent toujours par échapper à tout contrôle et par engendrer davantage de chaos ».
Pour la cheffe de la diplomatie européenne, les objectifs poursuivis par les États-Unis ne seraient pas nécessairement identiques à ceux d’Israël, ce qui complique la recherche d’une issue diplomatique. « Pour tous les acteurs de la région, comme pour nous, l’essentiel est désormais de trouver une voie de sortie et de stabiliser la situation », a-t-elle insisté.
Dans ce contexte, l’Union européenne explore plusieurs pistes pour contenir les risques d’escalade. Elle soutient notamment un mécanisme de coopération entre l’Ukraine et certains États du Moyen-Orient visés par des attaques iraniennes. L’idée serait de permettre à Kyiv de partager son expertise dans la lutte contre les drones, afin de limiter la demande en systèmes de défense aérienne plus sophistiqués dont l’Ukraine a elle-même besoin pour se protéger des frappes russes.
N.J










