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Face aux appels à dissoudre l’ARP, Fatma Mseddi charge le gouvernement

Par Myriam Ben Zineb

La députée Fatma Mseddi a réagi aux appels réclamant la dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), estimant que cette démarche repose sur un mauvais diagnostic de la crise actuelle.

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, l’élue a indiqué que les appels à dissoudre le Parlement se multiplient, y compris au sein de certaines pages soutenant le processus du 25 juillet 2021, comme si l’ARP était à l’origine des difficultés que traverse le pays.

Selon elle, la réalité est tout autre. « Le problème n’est pas le Parlement mais l’échec du gouvernement et de ses politiques », a-t-elle affirmé.

Critiques contre l’action du gouvernement

Fatma Mseddi considère que plusieurs projets de loi présentés par le gouvernement n’ont pas produit les résultats escomptés. Elle cite notamment la loi sur les chèques, qu’elle juge inefficace, tout en évoquant d’autres textes qui, selon elle, n’ont pas été appliqués sur le terrain, comme la loi interdisant la sous-traitance.

Elle pointe également des hésitations dans la gestion de certains dossiers, notamment en matière de politique étrangère.

S’agissant de la question de la migration irrégulière, la députée estime que la difficulté principale réside dans la lenteur des procédures d’expulsion et l’hésitation du gouvernement à prendre les décisions nécessaires, et non dans l’action du Parlement.

Levée de l’immunité pour les députés soupçonnés

L’élue a toutefois reconnu que certains députés doivent répondre de leurs actes. Elle a évoqué l’existence d’éléments impliqués dans certaines affaires, notamment le dossier d’implantation de migrants irréguliers dans le pays.

Fatma Mseddi s’est dite favorable à la levée de l’immunité parlementaire pour tout élu faisant l’objet de soupçons de corruption ou d’activités illégales.

« L’immunité existe pour protéger l’action parlementaire, pas pour couvrir les corrompus ou les hors-la-loi », a-t-elle affirmé.

Des dossiers sensibles toujours en attente

La députée considère qu’une dissolution du Parlement affaiblirait l’institution et permettrait au gouvernement d’échapper à ses responsabilités.

Elle estime en effet que plusieurs dossiers majeurs nécessitent encore un suivi parlementaire. Elle cite notamment les soupçons de corruption liés à certains contrats énergétiques et les tentatives de leur renouvellement, le contrôle du financement des associations et des fonds étrangers, la gestion du dossier de la migration irrégulière ainsi que le débat autour d’une éventuelle classification du mouvement Ennahdha comme organisation terroriste.

Appel à un remaniement gouvernemental

Fatma Mseddi a enfin indiqué que la priorité devrait être, selon elle, un remaniement gouvernemental « sage », capable d’introduire des compétences aptes à mettre en œuvre les lois et résoudre les problèmes.

Elle a également rappelé que les divergences autour des propositions de lois au sein du Parlement sont, selon elle, normales dans un système démocratique, soulignant que la présentation d’un projet ne signifie pas nécessairement son adoption.

Pour la députée, la Tunisie, après les mesures du 25 juillet 2021, a besoin « d’un gouvernement capable d’exécuter et d’un Parlement qui contrôle et demande des comptes ».

Elle conclut que la dissolution de l’ARP ne constituerait pas une solution, estimant qu’elle risquerait au contraire d’affaiblir les institutions et d’ouvrir la voie, selon ses termes, à des tentatives visant à remettre en cause le processus du 25 juillet et le pouvoir du président de la République, Kaïs Saïed.

M.B.Z

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