Depuis le 28 février 2026, le Moyen-Orient est marqué par une escalade militaire après le lancement de frappes menées par les États-Unis et Israël contre des cibles en Iran. Ces opérations, qui ont profondément aggravé les tensions régionales, ont également provoqué une vague de réactions diplomatiques à travers le monde. Dans ce contexte, des messages largement relayés sur les réseaux sociaux affirment que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un aurait annoncé un soutien militaire total à l’Iran et serait prêt à lui fournir des missiles capables de « rayer Israël de la carte ».


Pour vérifier ces affirmations, nous avons consulté les déclarations officielles relayées par l’agence d’État nord-coréenne Korean Central News Agency ainsi que plusieurs sources d’information internationales. Les propos attribués à la Corée du Nord ne correspondent pas aux messages circulant sur les réseaux sociaux. Dans la déclaration officielle, un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères affirme simplement que la Corée du Nord « respecte le droit et le choix du peuple iranien » concernant la nomination du nouveau guide suprême.
Cette réaction intervient après la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Dans les jours qui ont suivi, l’Assemblée des experts iranienne a désigné son fils Mojtaba Khamenei pour lui succéder à la tête de la République islamique. Pyongyang a également condamné l’offensive militaire contre l’Iran, la qualifiant « d’acte d’agression illégal » susceptible de déstabiliser davantage la région.
Cependant, aucune déclaration officielle nord-coréenne ne mentionne une promesse d’aide militaire directe à l’Iran ni une offre de fournir des missiles pour attaquer Israël. Les messages viraux semblent en réalité combiner cette prise de position diplomatique avec une autre information diffusée par la presse d’État nord-coréenne.
En effet, les médias officiels ont rapporté que Kim Jong Un avait supervisé un nouvel essai de missiles de croisière stratégiques tirés depuis un destroyer de la marine nord-coréenne. Cet essai a eu lieu alors que les États-Unis et la Corée du Sud mènent leurs exercices militaires conjoints annuels, régulièrement dénoncés par Pyongyang comme des préparatifs de guerre.
La juxtaposition de ces deux événements distincts : la réaction diplomatique de la Corée du Nord aux frappes contre l’Iran et l’annonce d’un essai de missiles a contribué à la circulation de messages trompeurs sur les réseaux sociaux.
En l’état des informations vérifiées, la position officielle de Pyongyang se limite à condamner l’offensive américano-israélienne et à affirmer respecter la décision iranienne concernant son nouveau dirigeant. Les affirmations selon lesquelles la Corée du Nord aurait promis de fournir des missiles à l’Iran pour détruire Israël ne reposent sur aucune déclaration officielle vérifiable.
R.A.












