L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a tenu, vendredi 13 mars 2026, une séance plénière consacrée à l’audition du ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh. Dix questions orales ont été adressées au ministre conformément à l’article 114 de la Constitution et à l’article 130 du règlement intérieur de l’Assemblée.
Les interventions des députés ont porté sur plusieurs dossiers liés à l’eau, à la pêche et au développement agricole dans différentes régions du pays.
Deux mille puits anarchiques à Gabès
Le ministre a indiqué que près de 2000 puits anarchiques ont été recensés dans le gouvernorat de Gabès. Les services compétents travaillent, selon lui, à traiter ces situations et à engager les procédures légales nécessaires.
Il a également précisé que des autorisations de forage ont été refusées au profit d’un complexe industriel, la zone concernée étant classée périmètre de protection des ressources hydriques. Dans le même contexte, il a appelé à accélérer la réalisation de la station de dessalement prévue dans la région.
Concernant la protection du golfe de Gabès, la stratégie du ministère repose notamment sur l’instauration d’une période annuelle de repos biologique pour la pêche au chalut, la lutte contre la pêche anarchique, le renforcement des contrôles, ainsi que la mise en place de récifs artificiels et la restauration du couvert végétal marin.
Port de Zarat et projets agricoles
La situation du port de pêche de Zarat a également été abordée. Selon le ministre, les études scientifiques ne confirment pas l’existence d’un phénomène d’ensablement. Un programme urgent de dragage de l’entrée du port a toutefois été réalisé et les produits de la pêche font l’objet d’un contrôle avant leur mise sur le marché.
Le ministère a par ailleurs présenté plusieurs programmes agricoles en cours dans le gouvernorat de Gabès, notamment le développement du secteur oléicole, l’extension des périmètres irrigués, la réhabilitation des anciennes oasis, le remplacement des puits profonds, le développement des cultures géothermiques ainsi que des programmes de protection du couvert végétal et du cheptel.
Transfert des eaux vers le Kef et Siliana
La séance a également permis d’évoquer l’avancement des études relatives au transfert des eaux du barrage de Barbara vers les gouvernorats du Kef et de Siliana, un projet pour lequel des recherches de financement sont en cours.
La stratégie hydrique nationale à l’horizon 2050 prévoit par ailleurs le transfert des excédents hydriques du Nord vers les régions du Centre, ainsi que le développement d’installations de traitement et de réutilisation des eaux dans l’irrigation.
Eau potable et réseaux hydrauliques
Plusieurs projets visant à améliorer l’approvisionnement en eau potable ont été présentés, notamment le forage de nouveaux puits, la réhabilitation des réseaux hydrauliques anciens et l’amélioration des systèmes de distribution. Certains projets devraient être achevés d’ici l’été 2026.
Le ministre a également affirmé que la qualité de l’eau potable fait l’objet d’analyses régulières en coordination avec les services de la santé publique. Des mécanismes de paiement à distance des factures ont également été mis en place, notamment la relève autonome des compteurs et le paiement électronique.
Filière laitière et ressources forestières
La situation de la filière laitière a également été évoquée. Le ministère a indiqué travailler à soutenir les aliments pour bétail, améliorer les races bovines, renforcer les programmes de santé animale et numériser le système de gestion des fourrages afin d’assurer un meilleur contrôle de la distribution des subventions.
La question du domaine forestier dans certaines zones du gouvernorat de Nabeul a également été abordée. Le ministère souligne que ces espaces constituent des forêts naturelles à forte valeur écologique et fait état d’actions visant à lutter contre les atteintes au domaine forestier et la chasse anarchique.
Une production agricole prometteuse
En conclusion de la séance, le ministre a indiqué que la saison agricole en cours s’annonce prometteuse pour certaines productions, notamment l’huile d’olive et les dattes, malgré une pluviométrie inégale entre les régions.
M.B.Z










