Les organisations nationales et associations signataires d’un communiqué publié mardi 17 mars 2026 ont exprimé leur solidarité « totale et inconditionnelle » avec les jeunes du mouvement de protestation de Gabès, poursuivis en justice pour leur participation à des mobilisations pacifiques remontant à 2020.
Dans ce texte, les signataires, au nombre de 26 organisations et associations, citent notamment le militant Kheireddine Dbia ainsi que plusieurs jeunes manifestants de la région, visés par des poursuites judiciaires et des jugements par contumace ayant abouti à des peines d’un an de prison. Ces poursuites sont liées, selon le communiqué, à leur engagement dans des actions revendiquant « le droit à la vie », un modèle de développement alternatif, ainsi que l’expression de revendications sociales et environnementales.
Une dénonciation de la criminalisation de la contestation
Les organisations estiment que la criminalisation de l’exercice du droit de protestation constitue « une atteinte grave aux droits et libertés », alertant sur ses répercussions sur l’espace civique. Elles considèrent que de telles pratiques risquent d’alimenter les tensions sociales en marginalisant les mouvements revendicatifs.
Le communiqué critique également le traitement différencié entre, d’une part, les militants poursuivis et, d’autre part, les responsables présumés de « crimes environnementaux et sanitaires » qui, selon les signataires, échappent à toute poursuite. Une situation perçue comme une atteinte au principe d’équité devant la justice et une illustration d’une politique d’impunité.
Le droit à la protestation érigé en principe fondamental
Les organisations rappellent que le droit à la protestation pacifique et la défense des droits environnementaux et sociaux constituent, selon elles, un pilier fondamental de toute société démocratique. Elles soulignent que sa protection relève d’un engagement constitutionnel et international de l’État tunisien, et non d’un choix conjoncturel.
Appel à la mobilisation devant le tribunal de Gabès
Dans leurs revendications, les signataires appellent à l’abandon de toutes les poursuites judiciaires qu’ils qualifient de « répressives » à l’encontre des activistes de Gabès. Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation des appareils judiciaire et sécuritaire à des fins d’intimidation des défenseurs des droits.
Le communiqué appelle, en outre, les forces civiles et politiques ainsi que les citoyens à se mobiliser en soutien aux jeunes de Gabès. Une action de solidarité est prévue mercredi 18 mars 2026 devant le tribunal de première instance de Gabès, en marge du procès des activistes.
Un large front associatif et syndical
Ce communiqué est signé par plusieurs organisations de premier plan, dont l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l’homme, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), ainsi que de nombreuses associations actives dans la défense des droits et des libertés.
À travers cette mobilisation, les signataires entendent réaffirmer que la défense du droit à la protestation, à la dignité et à la justice environnementale demeure « un droit fondamental qui ne peut être remis en cause ».
M.B.Z












