À l’approche de la fin du mois de Ramadan, le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui, a dressé un bilan chiffré des opérations de contrôle économique effectuées par son département durant le mois saint.
Dans une intervention, mardi 17 mars 2026 dans la matinale de la Radio nationale, il a indiqué que pas moins de 83.394 visites de contrôle avaient été effectuées, jusqu’au 23 du mois de Ramadan correspondant au 13 mars. Cette intensification des inspections s’est traduite par la constatation de 16.386 infractions économiques, enregistrant ainsi une hausse de 9,8% par rapport à la même période en 2025, où 14.920 infractions avaient été relevées.
Dans le détail, le secteur le plus touché est celui des produits agricoles et de la pêche, avec 7802 infractions, en raison notamment de la forte dynamique commerciale observée sur les marchés. Viennent ensuite les produits alimentaires (5076 infractions), puis le secteur des boulangeries (1794 infractions).
Les pratiques frauduleuses les plus répandues portent principalement sur le non-respect de la transparence des transactions commerciales, notamment la vente sans facturation ou l’absence d’affichage des prix. À elles seules, ces infractions totalisent plusieurs centaines de cas. Les dépassements tarifaires et les pratiques spéculatives demeurent également préoccupants, avec 5756 infractions recensées. Par ailleurs, 208 infractions concernent la manipulation des produits subventionnés.
Dans le cadre d’opérations qualitatives ciblées, les équipes de contrôle ont également procédé à des interpellations, notamment au niveau des marchés de gros, selon Samir Khalfaoui.
Ces interventions ont permis de mettre au jour des irrégularités telles que le non-respect des horaires de vente, le contournement des plafonds de prix, ainsi que des manipulations touchant des produits sensibles, à l’instar de la farine subventionnée destinée à la fabrication du pain.
S’agissant de l’approvisionnement, le responsable a reconnu la persistance de certaines tensions sur des produits stratégiques, notamment la farine et le beurre. Toutefois, un effort exceptionnel est en cours afin de renforcer les quantités disponibles sur le marché pour assurer la continuité de l’offre.
Il a insisté également sur le maintien d’une présence renforcée des équipes de contrôle jusqu’au dernier jour du Ramadan, période marquée par une recrudescence des pratiques frauduleuses.
Concernant les produits non réglementés, tels que les vêtements et les chaussures, Samir Khafaoui a avancé que le ministère mise sur les mécanismes concurrentiels et les soldes saisonnières pour contenir les prix. Des réductions exceptionnelles à l’occasion de l’Aïd sont ainsi encouragées afin de soutenir le pouvoir d’achat.
Dans ce cadre, une certaine souplesse réglementaire a été adoptée à titre exceptionnel, permettant l’inclusion de collections plus récentes dans les opérations promotionnelles, dès lors que cela bénéficie au consommateur.
Au-delà de l’urgence du mois de Ramadan, le ministère prépare déjà l’après-Aïd, avec en ligne de mire la saison estivale et touristique. Une évaluation globale des conditions d’approvisionnement et de formation des prix sera menée afin d’identifier les dysfonctionnements observés durant Ramadan et d’ajuster les politiques publiques en conséquence, selon le responsable. L’objectif étant d’anticiper les besoins du marché, sécuriser l’approvisionnement en produits de base et renforcer les mécanismes de régulation dans un contexte de forte demande saisonnière.
N.J










