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Relance de la Société des ciments de Bizerte : le gouvernement multiplie les recommandations

Par Raouf Ben Hédi

Le gouvernement relance le chantier des entreprises publiques industrielles. Réuni mardi 17 mars 2026 à la Kasbah, un conseil ministériel restreint a planché sur la restructuration de la Société des ciments de Bizerte, tout en revenant sur le dossier de la société El Fouladh. En toile de fond : une ligne politique assumée – pas de privatisation, mais une promesse de redressement.

Ciments de Bizerte : un sauvetage annoncé en trois temps

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a présidé une réunion consacrée à la relance de la Société des ciments de Bizerte, entreprise publique en difficulté mais présentée comme un pilier stratégique du secteur.

Officiellement, l’objectif est clair : remettre l’entreprise sur pied, restaurer sa compétitivité et préserver sa place sur le marché, dans un secteur qui compte neuf producteurs et une capacité globale avoisinant les 12 millions de tonnes.

Le plan avancé repose sur trois étapes :

  • À court terme : reprise de la production via la relance de la ligne de clinker et réduction des coûts
  • À moyen terme : modernisation des équipements et amélioration des capacités de production
  • À long terme : maîtrise énergétique, mise à niveau environnementale et digitalisation.

Le gouvernement mise également sur les atouts logistiques de l’entreprise, notamment son port commercial et sa connexion ferroviaire, pour renforcer ses capacités d’exportation.

Mais derrière cette feuille de route structurée, aucune indication concrète n’a été fournie sur le financement global ni sur les délais de mise en œuvre.

Des recommandations en cascade

Au-delà des grandes orientations, le conseil ministériel a détaillé une série de mesures censées encadrer la relance de l’entreprise.

À court terme, il s’agit de maintenir l’approvisionnement du marché en poursuivant l’achat et la transformation du clinker, tout en comprimant les coûts pour préserver des marges positives et éviter une perte de parts de marché.

À moyen terme, l’accent est mis sur la réduction des coûts logistiques, notamment à travers la réactivation du transport ferroviaire. Le gouvernement évoque aussi la création d’un point de vente à Tunis et un effort commercial ciblé vers le Nord-Ouest et le Grand Bizerte, ainsi que la promotion du ciment en vrac pour ses avantages économiques et environnementaux.

À plus long terme, l’ambition est de relancer l’activité portuaire de l’entreprise afin de développer les exportations de clinker et de ciment, tout en diversifiant les produits et en visant de nouveaux marchés.

Le conseil recommande également un soutien financier à l’entreprise pour couvrir ses besoins d’exploitation et financer ses investissements urgents, avec l’objectif affiché de retrouver sa position historique sur le marché tout en rééquilibrant ses comptes.

Reste que, là encore, les mécanismes précis de financement et les garanties de mise en œuvre ne sont pas détaillés.

Une doctrine assumée : sauver sans privatiser

Comme attendu, la réunion s’inscrit dans la ligne fixée par le président Kaïs Saïed : refus de céder les entreprises publiques et priorité à leur restructuration.

Le discours officiel insiste sur leur rôle économique et social, tout en dénonçant implicitement les politiques passées de privatisation. Une lecture politique assumée, mais qui laisse en suspens une question centrale : comment redresser des entreprises lourdement fragilisées sans ouverture du capital ni réforme de gouvernance en profondeur ?

El Fouladh : un autre chantier, les mêmes promesses

Le gouvernement a également évoqué la restructuration de la société sidérurgique El Fouladh, déjà examinée lors d’un précédent conseil ministériel.

Le projet repose sur la mise en place d’une filière nationale de production d’acier à partir de ferraille locale, estimée à 300.000 tonnes par an. Objectif affiché :

  • réduire les importations,
  • économiser plus de 300 millions de dollars en devises,
  • et atteindre une production de 600.000 tonnes.

Le plan prévoit également la création de milliers d’emplois et la transformation du modèle économique de l’entreprise, aujourd’hui largement dépendant du marché du fer à béton.

Là encore, les ambitions sont élevées, mais les modalités concrètes de mise en œuvre restent floues, notamment en matière d’investissement et de gouvernance.

Entre volontarisme politique et défis structurels

À l’issue de la réunion, le gouvernement a réaffirmé que la relance de ces entreprises constitue un « choix stratégique » et un levier de souveraineté économique.

Un discours volontariste qui tranche avec la réalité de terrain : endettement, perte de compétitivité, lourdeurs structurelles et gouvernance souvent critiquée.

Reste à savoir si cette nouvelle séquence marque un véritable tournant industriel… ou une énième annonce sans résultats probants.

R.B.H

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Commentaire

  1. zaghouan2040

    Répondre
    18 mars 2026 | 5h02

    Ciments de Bizerte et El Fouladh ne peuvent plus être rentables quel que soient les mesures prises
    Elles ne peuvent non plus intéresser quiconque
    La décision prise est donc in-sensee
    N’importe quel expert vous le confirmera
    Il est quasiment impensable que cela puisse se produire dans un monde rationnel et en situation de responsabilité tant les conséquences sont nuisibles pour le pays et les citoyens

    Cela a pourtant eu lieu,au plus haut niveau.

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