Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a publié un communiqué dénonçant ce qu’il qualifie de « criminalisation du travail civil et de la solidarité humanitaire », à l’occasion de nouvelles comparutions judiciaires visant deux figures de la société civile tunisienne.
Saadia Mosbah face à une justice qui s’éternise
L’activiste Saadia Mosbah comparaîtra jeudi 19 mars 2026 pour la quatrième fois devant le tribunal de première instance de Tunis. Son arrestation remonte au 7 mai 2024, dans un contexte marqué par une réunion du Conseil de sécurité nationale et une vague de campagnes en ligne à caractère raciste et trompeur, toujours actives selon le FTDES.
L’organisation dénonce un « parcours judiciaire interminable », estimant que l’affaire s’inscrit dans une logique de pression et d’intimidation visant les acteurs engagés dans la défense des droits humains, notamment en lien avec les questions migratoires.
Salwa Ghrissa également dans le viseur
Autre figure ciblée : Salwa Ghrissa, universitaire et directrice exécutive de l’association « Tafael pour le droit à la différence ». Elle comparaîtra pour la deuxième fois devant la justice dans le cadre d’une enquête ouverte après des campagnes de diffamation et d’incitation à son encontre, ainsi que contre son organisation.
Arrêtée le 10 décembre 2024, elle fait l’objet d’un traitement similaire, mêlant harcèlement numérique et poursuites judiciaires à caractère politique.
« Une stratégie de dissuasion » contre la société civile
Dans son communiqué, le FTDES estime que ces affaires ne sont pas isolées, mais relèvent d’une stratégie plus large visant à « terroriser la société civile » et à discréditer les défenseurs des droits humains.
L’organisation décrit un mécanisme récurrent : des campagnes de dénigrement et de haine sur les réseaux sociaux, suivies de poursuites judiciaires souvent fondées sur des accusations financières, utilisées pour jeter le discrédit sur les militants.
Appel à la libération et à la fin des poursuites
Le FTDES appelle à la libération immédiate de Saadia Mosbah et Salwa Ghrissa, ainsi que de l’ensemble des militants poursuivis pour leurs activités civiles et solidaires.
Il exige également l’arrêt des poursuites judiciaires à caractère politique, la fin des campagnes de diffamation, d’incitation à la haine et de racisme et la mise en place de garanties contre l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces campagnes.
Pour le FTDES, la dérive est claire : « transformer la solidarité en soupçon, et l’engagement en délit ».
R.B.H










