La Société industrielle d’appareillage et de matériels électriques (Siame) a annoncé, dans un communiqué publié mercredi 18 mars 2026, une nouvelle évolution dans sa gouvernance judiciaire. Par ordonnance du Tribunal de première instance de Tunis en date du 2 mars 2026, le collège des mandataires de justice a été recomposé, passant de deux à trois membres.
Faouzi Ben Salem rejoint ainsi Mondher Hamdi et Bilel Errahmouni, rétablissant une configuration déjà adoptée en juin dernier, au lendemain de la fuite de l’ancien patron de la société, Hédi Ben Ayed.
Un retour à la configuration initiale
Pour rappel, le tribunal avait initialement désigné trois mandataires afin d’assurer la gestion de l’entreprise dans ce contexte exceptionnel. Cette configuration avait été réduite à deux membres en janvier 2026, avec le départ de Nour El Houda Abbassi, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie. Son retrait, discret et non médiatisé, reste à ce jour entouré d’interrogations.
Avec cette nouvelle nomination, la justice revient donc à l’architecture initiale, sans pour autant dissiper les zones d’ombre qui entourent la gouvernance actuelle de la société.
Des démissions en série et un climat d’incertitude
Les incertitudes ne se limitent pas au collège des mandataires. À ce jour, les noms des commissaires aux comptes de la société demeurent inconnus.
Le 29 juillet, la société Finor, représentée par Fayçal Derbel, avait démissionné avant même d’entamer sa mission. Moins d’un mois plus tard, le 27 août, le cabinet Zahaf & Associés lui emboîtait le pas, évoquant un lien de parenté au quatrième degré entre l’épouse de Mahmoud Zahaf et un membre du conseil d’administration.
Ces deux cabinets avaient pourtant accepté leur mission dans un premier temps. Entre-temps, le scandale TSI est venu éclabousser la Siame, contribuant à renforcer les incertitudes autour de l’entreprise.
Avec le départ inexpliqué de Mme Abbassi, ce sont désormais trois responsables qui ont quitté l’orbite de la société en quelques mois, alimentant les inquiétudes des actionnaires.
Une sanction boursière malgré des performances en hausse
Ce climat délétère semble déjà se refléter sur le marché. Lors de la dernière séance, le titre Siame a enregistré la plus forte baisse de la cote, malgré une progression de 8 % de son chiffre d’affaires en 2025.
L’action s’échange actuellement autour de trois dinars, contre 3,25 dinars au 1er janvier et 3,49 dinars il y a un an, traduisant une perte de confiance persistante des investisseurs.
Cette baisse intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la fuite sur les réseaux sociaux, mardi dernier, de documents judiciaires liés à l’affaire TSI, faisant état de plus d’un millier de personnes citées. Elle coïncide également avec le refus du juge contrôleur d’autoriser la distribution des dividendes de 2024 (180 millimes), reportée à une date ultérieure indéterminée.
M.B.














