Privé de son passeport depuis de longs mois, Maher Medhioub, ancien député et ancien assesseur de Rached Ghannouchi à l’Assemblée des représentants du peuple, se voit contraint de s’adresser publiquement aux autorités tunisiennes pour réclamer un droit qu’il estime bafoué : la liberté de circulation. Après avoir épuisé toutes les démarches administratives habituelles, il interpelle la présidence et le ministère des Affaires étrangères, dénonçant un manque de transparence et un retard injustifié. Son cas s’inscrit dans une série de blocages similaires affectant d’autres personnalités tunisiennes, récemment signalés par d’anciens conseillers présidentiels et des responsables militaires à la retraite.
Dans son message adressé aux autorités tunisiennes publié 18 mars 2026, M. Medhioub écrit : « J’ai été contraint de m’adresser publiquement à vous après avoir épuisé toutes les démarches administratives habituelles, concernant la demande de renouvellement de mon passeport qui reste suspendue sans justification, malgré le respect des procédures légales ». Il souligne également son engagement passé dans la vie publique : « J’ai accompli mon devoir envers l’État tunisien avec diligence, en représentant le pays dans des moments cruciaux, sans attendre de privilèges, convaincu que servir la patrie est un honneur avant d’être un poste ».
Pour Maher Medhioub, le refus de délivrer un passeport n’est pas seulement un obstacle administratif : « Le passeport n’est pas seulement un document, c’est un droit légal fondamental, un outil indispensable pour mes activités professionnelles et pour maintenir mes liens familiaux. Son blocage sans base légale soulève de sérieuses questions sur le respect des droits garantis par la Constitution ».
Un problème qui dépasse le cas personnel
Le cas de Maher Medhioub n’est pas isolé. L’amiral à la retraite et ancien conseiller à la sécurité nationale du défunt président Béji Caïd Essebsi, Kamel Akrout, a dénoncé la même problématique la veille. Quelques heures plus tard, l’ancien conseiller présidentiel Mohsen Marzouk a également évoqué ce blocage dans ses démarches pour obtenir un passeport.
Selon plusieurs témoignages, les procédures d’octroi de passeports se sont allongées ces derniers mois, au lieu de s’écourter. Les autorités invoquent désormais la nécessité de mener une enquête préalable avant la délivrance du document, ce qui constitue, selon les opposants, une atteinte à la liberté de circulation, droit fondamental garanti par la Constitution tunisienne.
Les contours légaux du refus de délivrance
D’un point de vue juridique, le refus de délivrer un passeport peut être légalement justifié s’il repose sur des motifs d’ordre public, des procédures pénales en cours ou un dossier incomplet (article 13 du Chapitre II de la Loi n° 75-40 du 14 mai 1975, relative aux passeports et aux documents de voyage). Cependant, le flou administratif et les délais prolongés dénoncés par les personnalités politiques interrogent sur la proportionnalité et la transparence de ces mesures.
Maher Medhioub, dans son post, insiste sur le fait qu’il exigera son droit au passeport sans retard ni complication injustifiée, et qu’il se réserve le droit de recourir à toutes les voies légales nécessaires pour défendre ce droit.
Ce message, partagé publiquement sur Facebook, met en lumière un problème plus large : la lenteur et le manque de transparence dans les procédures administratives tunisiennes, qui peuvent affecter non seulement les citoyens ordinaires, mais également les anciens responsables politiques et diplomatiques.

I.N.












