Pendant le mois de ramadan 2026, plus de 10.000 contrôles ont été réalisés par plus de cent équipes quotidiennes, aboutissant à la saisie de 400 tonnes de produits alimentaires impropres à la consommation, a révélé jeudi 19 mars 2026 Mohamed Rabhi, président de l’INSSPA, lors de son intervention dans l’émission Yaoum Saïd au micro de Nabila Abid sur les ondes de la Radio nationale.
Plus de 10.000 contrôles et une mobilisation quotidienne
Selon Mohamed Rabhi, « ces opérations ont été effectuées grâce à la mobilisation de cent à 102 équipes de contrôle déployées quotidiennement ».
« Elles ont ciblé différents circuits de distribution et ont permis de relever de nombreuses infractions liées notamment aux conditions de stockage, de transport et de commercialisation des produits alimentaires », a-t-il ajouté.
400 tonnes saisies, un volume en forte hausse
Les services de l’INSSPA ont procédé à la saisie et à la destruction de 400 tonnes de produits alimentaires impropres à la consommation.
« Ce volume représente une augmentation significative par rapport à la même période de l’année précédente, où 154 tonnes avaient été saisies, soit une hausse de plus de 100% », a précisé Mohamed Rabhi.
Il a également indiqué que « plus de 60% des produits saisis l’ont été en raison du dépassement de la date limite de consommation », soulignant la persistance de pratiques à risque.
Fermetures, avertissements et poursuites
Les opérations de contrôle ont également donné lieu à plusieurs mesures :
- cinquante points de vente de produits alimentaires fermés
- plus de 600 avertissements écrits adressés à des professionnels
- 310 procès-verbaux judiciaires dressés, avec des enquêtes en cours
Des manquements persistants, y compris hors chaîne du froid
Dans le détail, le président de l’INSSPA a relevé que « les infractions ne concernent pas uniquement les produits périssables sensibles à la chaleur ».
« Il s’agit notamment de produits périmés exposés à la vente ou stockés dans des conditions inappropriées, ainsi que des denrées présentant des altérations visibles », a-t-il précisé.
Il a également mis en garde contre les risques liés à certaines catégories de produits longtemps sous-estimées, comme les légumineuses, les épices ou encore les fruits secs. « Ces produits peuvent développer des toxines (aflatoxines), des moisissures ou être infestés par des insectes, en raison de mauvaises conditions de stockage », a-t-il ajouté.
Pâtisseries traditionnelles de l’Aïd et matières premières non conformes
À l’approche de l’Aïd, les équipes de contrôle ont également intensifié leurs interventions dans les circuits liés à la préparation des pâtisseries traditionnelles.
« Des irrégularités ont été relevées concernant les matières premières utilisées, notamment pour la fabrication de produits comme la Ghraïba ou les pâtisseries à base de dattes comme El Makroudh. Des quantités importantes de pâte de dattes impropre à la consommation ont ainsi été saisies et détruites », a indiqué Mohamed Rabhi.
Une approche entre prévention et application stricte de la loi
Mohamed Rabhi a souligné que « l’action de l’INSSPA repose sur une approche à la fois préventive et répressive ».
« Les équipes privilégient la sensibilisation et l’accompagnement des professionnels, tout en rappelant que l’application de la loi demeure incontournable lorsque la santé du consommateur est en jeu », a-t-il ajouté.
Dans ce cadre, il a annoncé le renforcement prochain de la digitalisation des services de l’instance, « avec la mise en place d’une plateforme permettant aux citoyens, aux opérateurs économiques et aux institutions d’interagir plus efficacement et de signaler d’éventuelles infractions ».
Appel à la vigilance des consommateurs
Enfin, le président de l’INSSPA a appelé les consommateurs à faire preuve de vigilance, en privilégiant les points de vente soumis au contrôle sanitaire.
« Il faut éviter les circuits informels et la vente anarchique sur la voie publique, et jouer son rôle de citoyen acteur de la sécurité sanitaire », a-t-il insisté.
Il a conclu en rappelant que « la protection de la santé publique repose sur une responsabilité partagée entre les autorités, les professionnels et les consommateurs ».
I.N.










