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Des ONG fustigent une institutionnalisation de la discrimination raciale après la condamnation de Saadia Mosbah

Par Myriam Ben Zineb

À l’occasion du 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, plusieurs organisations tunisiennes de la société civile ont publié un communiqué conjoint dénonçant une dérive inquiétante de la situation des droits humains en Tunisie, marquée, selon elles, par une montée de la discrimination raciale à la fois dans les discours et au sein des institutions.

Dans ce texte, signé notamment par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Avocats sans frontières, Al Bawsala ou encore Damj, les organisations réaffirment leur engagement inconditionnel contre toutes les formes de racisme. Mais elles soulignent que la commémoration de cette journée intervient cette année dans un contexte national « lourd de violations », caractérisé par des décisions judiciaires jugées “choquantes”, des campagnes d’incitation à la haine et des politiques accusées de légitimer la discrimination.

Une condamnation “révélatrice” d’un basculement

Le communiqué revient longuement sur les récentes condamnations visant la militante Saadia Mosbah ainsi que des membres de l’association Mnemty, qualifiées de “moment charnière et dangereux”.

Pour les signataires, ces décisions illustrent un tournant : la discrimination raciale ne relevant plus uniquement du discours public, mais étant désormais “ancrée dans les structures mêmes des institutions”, y compris judiciaires. Le texte dénonce une justice “soumise aux pressions politiques” et détournée de son rôle devenue un “outil de répression”.

Les ONG pointent également un “renversement des valeurs”, où les militants engagés contre le racisme sont poursuivis, tandis que les auteurs de discours discriminatoires bénéficient d’une forme d’impunité.

Un climat alimenté depuis février 2023

Le communiqué établit un lien direct entre la situation actuelle et le discours présidentiel du 21 février 2023, ouverant la voie à une intensification des attaques visant les migrants, les réfugiés et les acteurs de la société civile qui leur viennent en aide.

Les organisations dénoncent une multiplication des campagnes de désinformation ayant ciblé Saadia Mosbah et son association, ainsi qu’une banalisation d’un discours raciste “violent”, tant dans l’espace public que sur les réseaux sociaux.

Elles appellent à une prise de conscience collective et exhortent les différentes composantes de la société à se mobiliser pour défendre les valeurs fondatrices de la révolution tunisienne : liberté, dignité et justice.

“La lutte contre le racisme est aujourd’hui centrale”

Malgré la sévérité des condamnations, les signataires affirment leur détermination à poursuivre leur engagement. Ils estiment que la lutte contre la discrimination raciale constitue désormais “le cœur de la bataille” à mener en Tunisie.

Le communiqué se conclut par un appel à la solidarité avec Saadia Mosbah et, plus largement, avec toutes les personnes poursuivies pour leur engagement associatif, ainsi qu’avec les victimes de discrimination raciale, qu’elles soient tunisiennes ou étrangères.

M.B.Z

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