Une vingtaine de pays, dont les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Royaume-Uni, la France, le Canada et le Japon, se sont déclarés samedi 21 mars 2026 « prêts à contribuer aux efforts » visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, devenu quasiment impraticable depuis le début de l’escalade militaire avec l’Iran.
Dans un communiqué commun, ces États — majoritairement européens et alliés des États-Unis — condamnent les attaques iraniennes récentes ayant ciblé des navires commerciaux ainsi que des infrastructures pétrolières et gazières, sans pour autant mentionner les frappes israéliennes visant également les installations de gaz et de pétroles iraniennes. Ils appellent à un « moratoire immédiat et global » sur les frappes visant des installations civiles, dans une tentative d’enrayer une spirale de déstabilisation aux conséquences économiques mondiales.
Une mobilisation tardive sous pression américaine
Cette prise de position collective intervient après une semaine de flottement diplomatique. Quand la situation a commencé à s’enliser, le président américain Donald Trump avait exhorté ses alliés à s’engager concrètement pour sécuriser le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial.
Mais cet appel s’était heurté à une certaine réticence. Plusieurs pays, notamment européens, avaient initialement traîné des pieds, redoutant une implication directe dans un conflit à haut risque avec Téhéran. Les souvenirs encore vifs des interventions militaires controversées au Moyen-Orient et la crainte d’un embrasement régional avaient nourri une prudence assumée.
Ce n’est qu’à mesure que les attaques se sont intensifiées — perturbant les flux énergétiques et faisant grimper les prix du pétrole — que les positions semblent avoir évolué, poussant ces États à afficher une volonté de coordination.
Ormuz, épicentre d’un bras de fer mondial
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’un des chockepoints énergétiques les plus sensibles de la planète. Sa paralysie, même partielle, a des répercussions immédiates sur les marchés internationaux, notamment pour les pays fortement dépendants des importations d’hydrocarbures.
Dans ce contexte, la déclaration conjointe apparaît autant comme un signal politique que comme une tentative de rassurer les marchés. Reste à savoir si cette « disponibilité » affichée se traduira par des actions concrètes — notamment une présence navale accrue — ou si elle restera une posture diplomatique sans véritable portée opérationnelle.
En toile de fond, c’est toute la question de l’équilibre des forces dans le Golfe qui se joue, sur fond d’ambiguïtés stratégiques et de lignes rouges de plus en plus floues.
R.B.H










