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Stress hydrique en Tunisie : malgré les pluies, la situation reste critique 

Par Sarra Hlaoui

La Tunisie demeure en situation hydrique « critique », en dépit des précipitations enregistrées durant l’hiver. C’est ce qu’a affirmé, dimanche 22 mars 2026, Mohamed Lotfi Nacef, président de l’Association Eau et Développement, évoquant même un « déficit hydrique » persistant.

Intervenant sur les ondes de la radio nationale dans l’émission « Yaoum Saïd », à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau et de la Journée nationale de l’économie de l’eau, il a précisé que les ressources hydriques totales du pays s’élèvent à 5,1 milliards de m³, réparties entre 2,7 milliards de m³ d’eaux de surface et 2,4 milliards de m³ d’eaux souterraines. La consommation annuelle globale atteint, quant à elle, près de 3 milliards de m³.

Mohamed Lotfi Nacef a également indiqué que la Tunisie compte environ 114.000 puits de surface équipés et 50.000 puits profonds, dont 34.000 exploités de manière illégale, contre seulement 16.000 autorisés.

Des barrages remplis à 54 %

S’agissant des réserves, il a relevé que le taux de remplissage des barrages avoisine actuellement 54 %. Un niveau jugé « acceptable », mais qui reste insuffisant au regard des besoins, d’autant que le principal réservoir du pays, le barrage de Sidi Salem, affiche un taux inférieur à cette moyenne.

Plus préoccupant encore, le pays exploiterait environ 133 % de ses ressources hydriques, traduisant une pression importante sur les réserves disponibles.

Vers une meilleure gestion et de nouvelles solutions

Face à cette situation, l’expert a plaidé pour un renforcement des politiques de rationalisation de la consommation. Il a notamment appelé à augmenter le recours aux eaux usées traitées, dont le taux d’utilisation ne dépasse pas actuellement 10 %, en particulier dans le secteur agricole. À l’horizon 2050, ces ressources pourraient atteindre 700 millions de m³.

Il a également évoqué le dessalement de l’eau comme levier complémentaire, ainsi que la nécessité d’encourager l’installation de citernes de collecte d’eau de pluie dans les habitations, à travers des incitations appropriées.

Parmi les pistes avancées figure aussi le développement des barrages souterrains. À ce titre, un premier projet est en cours dans la région de Saouaf (gouvernorat de Zaghouan), avec le lancement d’un appel d’offres par le ministère de l’Agriculture.

En parallèle, des efforts sont déployés pour réduire l’évaporation des eaux, notamment via l’installation de panneaux photovoltaïques.

Réforme du cadre légal et renforcement du contrôle

Enfin, Mohamed Lotfi Nacef a insisté sur l’urgence de réviser le Code des eaux, datant de 1975, afin de l’adapter aux enjeux actuels. Il a également appelé à un renforcement des mécanismes de contrôle et à la mise en place de mesures dissuasives pour lutter contre la surexploitation des ressources hydriques.

S.H

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Commentaire

  1. Gg

    Répondre
    22 mars 2026 | 12h51

    Bel article, ce Monsieur Lofti Nacef connaît son domaine et avance des solutions.
    S’agissant des eaux profondes (les puis profonds), il faut préciser qu’il s’agit d’eau fossile accumulée au fil des siècles.
    Si le renouvellement des eaux de surface se compte en jours ou en semaines au fil des pluies, ceui des nappes phréatiques se compte en mois, et celui des nappes profondes se comptes en décennies, voire en siècles.
    Le cas de l’Australie devrait faire école. Ce continent abritait la plus grosse réserve d’eau profonde de la planète. Et les gvts se sont mis à vendre cette eau à Coca Cola, aujourd’hui elle est quasiment épuisée et ne se renouvellera pas à l’echelle d’une vie humaine.
    Ce sont aussi les remontées d’humidité vers la surface qui sont asséchées, ce qui a dramatiquement asséché les sols, favorisant les monstrueux incendies qui chaque année brûlent le pays…

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