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Tunisie : moins d’accidents, mais toujours autant de morts sur les routes

Par Nadya Jennene

Les chiffres sont en baisse, mais la route continue de tuer. Et lourdement.

Selon les dernières données de l’Observatoire national de la sécurité routière, la Tunisie a enregistré 826 accidents de la circulation entre le 1er janvier et le 18 mars 2026, contre 1 189 sur la même période en 2025. Une diminution notable de 30,53%, qui pourrait, à première vue, laisser entrevoir une amélioration encourageante.

Même tendance du côté des blessés : ils sont 1 066 cette année, contre 1 518 l’an dernier, soit une baisse de près de 30%.

Mais derrière ces indicateurs en recul, un chiffre résiste — et il est implacable. Celui des morts.
232 personnes ont perdu la vie sur les routes tunisiennes depuis le début de l’année, contre 233 à la même période en 2025. Autrement dit : la baisse des accidents ne sauve pas davantage de vies.

Et c’est bien là que le bât blesse.

Car si les collisions sont moins nombreuses, leur gravité, elle, ne recule pas. La vitesse excessive reste le principal facteur de mortalité, à l’origine de 86 décès, soit plus d’un tiers des victimes. Elle s’impose, encore et toujours, comme le danger numéro un sur les routes.

Dans le détail, les causes des accidents n’ont rien de surprenant — et c’est précisément le problème. La distraction et le manque d’attention arrivent en tête (25,42%), suivis de près par la vitesse (24,33%). Viennent ensuite la traversée imprudente de la chaussée (12,95%) et le non-respect de la priorité (8,96%). Des facteurs bien identifiés, répétés année après année, sans que cela ne semble déboucher sur une réponse réellement efficace.

Car au fond, ces statistiques racontent moins une amélioration qu’une stagnation. Une baisse quantitative qui ne s’accompagne pas d’un véritable progrès structurel.

La sécurité routière en Tunisie reste marquée par une approche fragmentée, faite de campagnes ponctuelles, de discours volontaristes et de mesures dispersées, mais sans stratégie nationale cohérente, continue et évaluée.

Or, réduire durablement la mortalité routière ne relève ni du hasard ni de la conjoncture. Cela suppose une politique publique claire, articulée autour de la prévention, du contrôle, de l’aménagement des infrastructures et de la responsabilisation des conducteurs.

En l’état, la baisse des accidents, aussi réelle soit-elle, ne doit pas masquer l’essentiel : les routes tunisiennes restent dangereuses, et l’absence d’une stratégie structurée continue de coûter des vies.

N.J

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