Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Un élu propose de revoir les horaires de travail et d’école face à un rythme “épuisant”

Par Nadya Jennene

Pris dans un quotidien effréné, entre horaires de travail rigides, écoles décalées et administrations concentrées à Tunis, de nombreux Tunisiens peinent à trouver un équilibre. C’est ce constat que met sur la table l’élu local de Oued Ellil, Fathi Moncef Jebabli, qui appelle à repenser en profondeur l’organisation du temps de vie.

Dans une publication, il décrit une réalité familière pour des milliers de familles : départ précipité le matin avec les enfants, journées englouties par le travail, retour tardif dans les embouteillages… et au final, une vie familiale réduite à peau de chagrin. Une mécanique bien rodée, mais profondément usante.

Selon lui, ce rythme ne se contente pas de fatiguer : il érode progressivement les liens familiaux et affaiblit le rôle éducatif des parents. « On ne vit plus, on enchaîne », semble-t-il dire en filigrane.

Une piste : la « séance unique »

Face à ce constat, l’élu propose d’ouvrir le débat sur un modèle de « séance unique ». L’idée ? Réduire et réorganiser les horaires de travail et de scolarité pour libérer du temps en fin de journée. Objectif affiché : permettre aux parents de retrouver leurs enfants, souffler… et tout simplement vivre.

Derrière cette proposition, une conviction forte. Le temps familial n’est pas un luxe, mais une nécessité sociale.

Car pour Fathi Jebabli, les conséquences du système actuel sont déjà visibles. Il évoque un « déficit éducatif » qui se traduirait par une montée de la violence, des conduites à risque et une dérive progressive chez certains jeunes. Une alerte qui résonne avec des réalités de terrain de plus en plus préoccupantes.

Une urgence sociale qui se voit dans la rue… et à l’école

L’élu pointe notamment la multiplication des scènes de violence en milieu scolaire et la présence accrue d’enfants livrés à eux-mêmes dans les rues, notamment après les cours. Des situations qui, selon lui, ne sont pas anodines, mais bien le symptôme d’une organisation du temps devenue inadaptée.

Quand les parents sont absents de longues heures, c’est toute la structure sociale qui vacille.

Ailleurs, des modèles qui fonctionnent

Ce débat n’est pas propre à la Tunisie. Ailleurs, plusieurs pays ont déjà tenté de desserrer l’étau du temps.

En Islande, entre 2015 et 2019, une vaste expérimentation a permis de réduire la semaine de travail à 35-36 heures sans baisse de salaire. Résultat : une productivité maintenue — voire améliorée — et surtout, un meilleur équilibre de vie pour les travailleurs. Aujourd’hui, une grande partie des actifs islandais bénéficie de ces nouveaux horaires.

Même dynamique dans plusieurs pays anglo-saxons — États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada, Irlande ou Nouvelle-Zélande — où la semaine de quatre jours a été testée. Les retours sont éloquents : baisse significative du burnout, amélioration de la santé mentale et du sommeil. Moins de fatigue, plus de vie.

Du côté de l’école, la Finlande fait figure d’exemple. Avec des journées plus courtes — cinq à six heures en moyenne — et un démarrage plus tardif le matin, le système éducatif finlandais privilégie la qualité à la quantité. Résultat : des élèves plus concentrés, moins stressés… et globalement plus épanouis.

Et la Tunisie ?

Sans plaquer des modèles étrangers, la question mérite d’être posée : la Tunisie peut-elle continuer à fonctionner sur un rythme qui épuise ses citoyens et fragilise ses familles ?

Derrière le débat sur les horaires, c’est en réalité une réflexion plus large qui s’impose : celle du temps que l’on consacre au travail… et celui que l’on choisit de consacrer à vivre.

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *