La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a décidé, lundi 23 mars 2026, de rejeter la demande de libération de l’homme d’affaires Maher Chaâbane. Selon une source judiciaire, l’examen de l’affaire a été reporté à une date ultérieure, en présence d’autres accusés poursuivis dans ce même dossier lié à des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent.
Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une série de mesures judiciaires prises à l’encontre de l’intéressé. Le juge d’instruction avait déjà ordonné la prolongation de sa détention préventive de quatre mois supplémentaires, début janvier 2026, dans le cadre d’enquêtes menées par le pôle judiciaire économique et financier.
Maher Chaâbane est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment corruption, concussion, incitation à la corruption, exploitation de la fonction d’un agent public à des fins d’avantages indus, ainsi que pour des faits portant atteinte à l’administration. D’autres dossiers en cours portent également sur des soupçons de blanchiment d’argent, ainsi que sur des infractions à caractère douanier et bancaire.
L’homme d’affaires, actif dans les secteurs de l’immobilier et des travaux publics, a déjà fait l’objet de condamnations judiciaires. Il a notamment été condamné à deux ans de prison ferme dans une affaire liée à la constitution de fonds à l’étranger sans autorisation de la Banque centrale de Tunisie. Cette décision s’ajoute à d’autres jugements, dont une peine d’un an de prison confirmée en mars 2025 dans un dossier relatif à la construction d’un centre commercial à Sousse.
En février 2025, sa demande de libération avait déjà été rejetée par la chambre d’accusation, qui l’avait renvoyé devant la juridiction spécialisée en corruption financière. Dans cette affaire, il doit répondre de plusieurs accusations, dont constitution d’une bande criminelle, abus de fonction, corruption active et passive, falsification de documents et atteinte à l’administration.
Les investigations ont également impliqué d’autres acteurs. Deux anciens directeurs de la banque publique STB ont été arrêtés pour avoir accordé à Maher Chaâbane des prêts dépassant 240 millions de dinars sans garanties suffisantes. D’autres responsables bancaires, ainsi que des ex-chargés de mission ministériels et un expert judiciaire, font l’objet de mesures restrictives, notamment des interdictions de quitter le territoire.
M.B.Z












