Sur Facebook, plusieurs publications affirment que la France aurait adopté une nouvelle loi d’expulsion visant les migrants, assortie d’une amende de 3 750 euros et présentée comme « la plus grande campagne d’expulsions de l’histoire ». Présentées comme urgentes, ces informations ont suscité inquiétudes et réactions. Nous avons vérifié.


Une loi bien réelle, mais largement déformée
La France a effectivement adopté une loi sur l’immigration, promulguée fin janvier 2024. Toutefois, les affirmations virales en donnent une image fortement exagérée et inexacte.
Après son examen par le Conseil constitutionnel, une partie importante du texte a été censurée. La version finale comprend 51 dispositions mêlant durcissement du contrôle migratoire et mesures d’intégration.
Contrairement à ce qui est affirmé en ligne, le texte ne prévoit ni expulsion généralisée, ni mesures ciblant une nationalité ou une origine particulière. En droit français, les décisions d’éloignement restent individuelles, encadrées par des règles strictes et soumises à des garanties juridiques.
Un durcissement encadré, pas une « déportation »
La loi introduit bien certaines mesures plus strictes. Elle facilite notamment l’expulsion de personnes étrangères condamnées pour des infractions graves, y compris dans certains cas lorsqu’elles sont en situation régulière.
Elle élargit également les possibilités d’émettre des obligations de quitter le territoire (OQTF) et prolonge certaines mesures administratives, comme l’assignation à résidence.
Cependant, ces dispositifs restent encadrés. Toute procédure d’expulsion implique l’examen de la situation personnelle (liens familiaux, durée de présence, considérations humanitaires), avec des possibilités de recours devant les juridictions administratives.
Par ailleurs, la loi prévoit aussi un mécanisme de régularisation sous conditions pour certains travailleurs sans papiers dans des secteurs en tension (bâtiment, restauration), ce qui contredit l’idée d’une politique uniquement répressive.
Une amende sortie de son contexte
Les publications évoquent également une amende de 3 750 euros. Or, aucune mesure nouvelle et généralisée de ce type n’a été introduite par la loi.
Cette affirmation semble provenir d’une confusion avec des sanctions déjà existantes dans des cas précis, sans lien avec une politique globale d’expulsion.
Une « campagne massive » qui n’existe pas
Enfin, l’idée d’une « plus grande campagne d’expulsions de l’histoire » ne repose sur aucune annonce officielle.
Si la politique migratoire française évolue régulièrement, elle reste encadrée par le droit national et européen, ainsi que par le contrôle des juridictions.

En résumé
Les publications virales reposent sur une lecture déformée et alarmiste de la loi française sur l’immigration. Si certaines mesures traduisent un durcissement, elles sont loin de correspondre aux annonces de « déportation massive » ou de sanctions généralisées.
R.A.












