« Point de bascule », « changement de vision » : c’est en ces termes que Maher Ketari a évoqué, mercredi 25 mars 2026, les réformes législatives économiques en préparation, dont le nouveau Code des changes constitue l’un des principaux piliers. Un chantier désormais officiellement lancé au parlement, avec le démarrage imminent des auditions au sein de l’ARP, autour d’un projet attendu par les milieux économiques et présenté comme structurant pour améliorer l’attractivité de la Tunisie et stimuler l’investissement.
Un chantier législatif présenté comme un tournant pour l’économie tunisienne
Le député et président de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Maher Ketari, est revenu, mercredi 25 mars 2026, sur le futur Code des changes, annonçant le démarrage des auditions et les discussions autour des articles du texte, lors d’une interview téléphonique accordée à Wassim Ben Larbi dans l’émission Expresso sur les ondes d’Express FM.
D’emblée, il a inscrit ce projet dans une dynamique de transformation profonde, estimant que la Tunisie se trouve aujourd’hui à « un point de bascule » nécessitant l’adoption de réformes structurantes. « Nous sommes arrivés à un point de bascule pour la Tunisie : il est temps d’entamer les lois qui vont nous faire passer au XXIe siècle. »
Un terrain préparé en amont
Avant même l’examen du nouveau Code des changes, le député a souligné que plusieurs mesures préalables ont été engagées afin de faciliter sa mise en œuvre. Parmi elles, figure l’introduction du compte en devises accessible à tout Tunisien sans autorisation préalable de la Banque centrale, une disposition adoptée dans le cadre de la Loi de finances 2026.
« Tout d’abord, le compte en devise pour tout Tunisien qui le désire et cela sans l’aval de l’autorité monétaire a été adopté lors de la Loi de finances 2026 et on espère que la Banque centrale de Tunisie va appliquer cette loi. »
Le responsable parlementaire a ainsi exprimé l’espoir de voir cette mesure pleinement appliquée par l’autorité monétaire, la considérant comme une étape clé vers une évolution du cadre des opérations en devises.
Par ailleurs, un projet de loi visant à régulariser les infractions de change héritées de l’ancien cadre réglementaire est en cours de finalisation. « Avant d’entamer le nouveau code, il faut nettoyer le terrain des répercussions de l’ancien code. » Déjà validé par la Commission des finances et du budget, ce texte devrait être soumis au vote en séance plénière dans les prochains jours.
Auditions élargies dès la semaine prochaine
Concernant le nouveau Code des changes, M. Ketari a annoncé le démarrage, dès la semaine prochaine, d’une série d’auditions au sein de la commission parlementaire.
« Pour le Code des changes lui-même, nous allons entamer les auditions la semaine prochaine. On a invité la BCT, la Commission tunisienne des analyses financières (Ctaf), le ministère des Finances, pour entendre leurs remarques, s’ils veulent amender, supprimer ou ajouter des articles dans ce code. »
Ces auditions doivent permettre de recueillir les observations des différentes institutions concernées par la réforme.
Une consultation élargie aux organisations et aux jeunes
Dans un second temps, la commission prévoit d’entendre plusieurs organisations nationales, professionnelles et économiques.
« Nous allons écouter par la suite les organisations nationales, l’Ordre des experts-comptables, l’Ordre des médecins, le Conseil des chambres mixtes, les chambres du commerce, et toute partie prenante impactée par le Code des changes. »
Le président de la commission a également insisté sur l’ouverture du débat aux jeunes et à de nouveaux profils économiques.
« Nous allons aussi donner la parole aux jeunes, à travers les freelances et les startups. Nous accueillons tout le monde, en particulier les journalistes que nous voulons voir présents lors des débats. »
Un levier pour l’investissement et une nouvelle vision économique
Pour Maher Ketari, ce projet de réforme dépasse le cadre technique d’un texte financier et s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir économique du pays.
« Il s’agit de projets de loi importants qui vont ouvrir la voie à la Tunisie et aux investissements dans le pays. »
Il estime que cette réforme traduit également une évolution dans la manière d’appréhender le développement économique.
« On est en train de changer notre manière de pensée, notre vision pour la Tunisie et son économie, pour les dix, vingt et trente prochaines années. C’est un mindset qui doit être changé pour avancer rapidement au XXIe siècle. »
Et de conclure : « On ne peut pas penser en 2026 ou 2030 comme on pensait dans les années 70. »
I.N.










