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Pénurie de médicament vital : le cri d’alarme d’un patient face à l’indisponibilité du Jakavi

Par Nadya Jennene

Un témoignage poignant, adressé à la rédaction, met en lumière une réalité aussi silencieuse qu’inquiétante : la rupture prolongée de médicaments essentiels, dont dépendent directement la vie et la stabilité de nombreux patients.

Atteint d’une pathologie grave, un patient tunisien relate son combat quotidien face à l’indisponibilité du Jakavi (Ruxolitinib), un traitement reconnu comme indispensable dans la prise en charge de certaines maladies hématologiques sévères.

Selon ses dires, le 20 octobre 2025, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) lui accorde officiellement une prise en charge pour ce médicament. Une décision qui, en théorie, garantit un accès au traitement. Dans les faits, la situation est tout autre.

« Une seule boîte m’a été délivrée. Depuis, plus rien », assure-t-il. Depuis près de cinq mois, ce traitement vital demeure introuvable, laissant le patient dans une situation d’incertitude médicale et d’angoisse permanente.

Une prise en charge… sans traitement

L’accès aux soins, pourtant garanti par les dispositifs publics, se heurte ici à une rupture d’approvisionnement qui vide la décision administrative de sa substance.

Le Ruxolitinib, principe actif du Jakavi, n’a rien d’un médicament de confort. Utilisé en hématologie, il est prescrit dans le traitement de maladies graves telles que la myélofibrose — une affection rare de la moelle osseuse — ou encore la polyglobulie de Vaquez résistante aux traitements classiques. Il intervient également, dans certains cas, pour gérer des complications post-greffe.

Ce traitement agit comme un inhibiteur de JAK (Janus Kinase), régulant des mécanismes biologiques défaillants responsables d’une production anarchique de cellules sanguines. En d’autres termes, il permet de freiner une machine interne devenue incontrôlable.

Ses bénéfices sont majeurs : réduction des symptômes sévères comme la fatigue extrême ou les douleurs, diminution de la taille de la rate, et surtout stabilisation de la maladie. À l’inverse, son interruption brutale peut entraîner une aggravation rapide de l’état de santé, voire des conséquences irréversibles.

Une crise qui dépasse un cas isolé

Au-delà de ce témoignage, la situation pourrait refléter une problématique plus large touchant d’autres patients atteints de pathologies lourdes, dépendants de traitements spécifiques, souvent coûteux et soumis à des circuits de distribution stricts, généralement hospitaliers.

Dans son message, le patient lance un appel pressant aux autorités sanitaires pour qu’une solution urgente soit trouvée afin d’assurer la continuité des traitements vitaux. « L’accès aux soins ne doit pas être une promesse théorique, mais une réalité concrète », écrit-il.

Cette alerte fait écho à de nombreux signaux récents sur une dégradation progressive de l’approvisionnement en médicaments en Tunisie.

Ruptures de stock : les failles d’un système sous tension

Plusieurs traitements de première nécessité ainsi que des médicaments destinés aux maladies chroniques ont été en rupture de stock pendant de longues périodes. Les thérapies les plus sensibles n’ont pas été épargnées : certains médicaments utilisés en oncologie et en hématologie ont également connu des indisponibilités préoccupantes.

Les causes avancées par les observateurs et les professionnels du secteur sont multiples : difficultés financières de la Pharmacie centrale de Tunisie, retards de règlement vis-à-vis des fournisseurs étrangers, forte dépendance aux importations dans un contexte international instable, mais aussi contraintes logistiques et dysfonctionnements dans la gestion des stocks.

Dans ce climat de tension, les patients se retrouvent en première ligne. Contraints, pour certains, d’interrompre leur traitement ou de recourir à des circuits parallèles, ils incarnent les conséquences les plus concrètes — et les plus humaines — de cette crise silencieuse.

N.J

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