Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

World Happiness Report 2026 : 105ᵉ au monde, la Tunisie à la traîne du bonheur

Service IA, Business News

Par Imen Nouira

Alors que le monde scrute chaque année le bonheur de ses populations, la Tunisie se classe au 105ᵉ rang mondial dans l’édition 2026 du World Happiness Report, le rapport annuel de l’ONU qui analyse le bien-être des populations à l’échelle planétaire. Si ce positionnement reflète certains progrès, le pays est devancé par plusieurs nations arabes et africaines, et son score révèle des défis persistants dans plusieurs dimensions du bien-être. Entre PIB par habitant, soutien social et usage intensif des réseaux sociaux, le tableau tunisien du bonheur se dessine avec des zones d’ombre et des points d’ancrage, révélant les priorités à adresser pour améliorer la qualité de vie des citoyens.


Si l’on observe l’évolution des classements tunisiens au fil des années, on note des fluctuations significatives : 87ᵉ en 2011, 104ᵉ en 2012, 120ᵉ en 2021, 110ᵉ en 2022, 115ᵉ en 2023 et 113ᵉ en 2024. Cette trajectoire montre que, malgré une certaine stabilité autour de la centième place, le bien-être des Tunisiens a connu des hauts et des bas, reflétant les défis socio-économiques et les transformations sociétales du pays.

La Tunisie dans le contexte régional et continental
Maghreb arabe

Parmi les cinq pays du Maghreb arabe, la Tunisie se classe troisième, derrière la Libye (81ᵉ) et l’Algérie (83ᵉ), mais devant le Maroc (112ᵉ) et la Mauritanie (120ᵉ). Elle occupe donc une position médiane dans la région, ni en tête ni en queue, ce qui reflète à la fois les progrès réalisés et les défis persistants.

Monde arabe

Au niveau des 22 pays arabes recensés dans le rapport, la Tunisie se place sixième, derrière des nations du Golfe et du Moyen-Orient comme les Émirats arabes unis (21ᵉ), l’Arabie saoudite (22ᵉ), le Koweït (40ᵉ), Bahreïn (55ᵉ) et Oman (58ᵉ). Elle devance néanmoins des pays comme la Jordanie (119ᵉ), la Palestine (109ᵉ), l’Irak (95ᵉ) et l’Égypte (139ᵉ), soulignant son positionnement médian dans le monde arabe.

Afrique

Dans un classement africain plus large, la Tunisie se situe huitième. Elle est derrière la Libye (81ᵉ), l’Algérie (83ᵉ), l’Afrique du Sud (101ᵉ), le Cameroun (100ᵉ) et le Nigeria (106ᵉ), mais devance le Maroc (112ᵉ), le Kenya (110ᵉ), le Sénégal (107ᵉ) ainsi que des pays comme la Sierra Leone (146ᵉ) et le Zimbabwe (144ᵉ). Ce positionnement confirme son rang médian dans le continent africain.

Les facteurs explicatifs du score tunisien

Le rapport détaille plusieurs dimensions du bien-être en Tunisie :

  • Soutien social : 107ᵉ rang, 70,5% (explique 22% de la variation)
  • PIB par habitant : 80ᵉ rang, 12.939 dollars (explique 31%)
  • Espérance de vie en bonne santé : 62ᵉ rang, 63,6 ans (9%)
  • Liberté individuelle : 96ᵉ rang, 77,3% (14%)
  • Générosité : 136ᵉ rang, 9,4% (1%)
  • Perception de la corruption : 94ᵉ rang, 81,3% (2%)

Ces chiffres montrent que le principal point faible pour la Tunisie réside dans la générosité et le soutien social, tandis que le PIB par habitant et la liberté individuelle restent des facteurs plus favorables.

Jeunes et réseaux sociaux : un impact préoccupant

L’édition 2026 du rapport souligne une tendance mondiale inquiétante : le bien-être des jeunes de moins de 25 ans a fortement décliné dans les pays d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale au cours des quinze dernières années. Cette chute coïncide avec une utilisation massive des réseaux sociaux.

Le rapport se base sur des enquêtes auprès de 100.000 personnes dans 140 pays, et cite notamment les travaux de Jonathan Haidt et Zach Rausch sur les effets des réseaux sociaux. Leurs conclusions montrent que l’usage intensif, surtout passif et visuel, est associé à une augmentation du stress et des symptômes dépressifs, en particulier chez les jeunes filles en Europe occidentale.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), l’utilisation des réseaux sociaux est parmi les plus élevées au monde. Entre 20% et 40% des jeunes utilisent ces plateformes plus de cinq heures par jour. Bien que le bien-être global des jeunes n’ait pas chuté de manière significative dans cette région, les utilisateurs intensifs sont plus susceptibles de ressentir stress et dépression, surtout lorsqu’ils suivent des influenceurs ou considèrent les réseaux sociaux comme leur principale source d’information.

Le rapport précise également que l’impact négatif dépend du type d’usage : engagement sur plusieurs plateformes, reliance sur les réseaux comme source principale d’information et suivi d’influenceurs augmentent stress et symptômes dépressifs.

Le classement mondial du bonheur

Le rapport mondial 2026 confirme la Finlande comme pays le plus heureux au monde, suivie par l’Islande, le Danemark et le Costa Rica. Les dix premiers pays sont :

  1. Finlande
  2. Islande
  3. Danemark
  4. Costa Rica
  5. Suède
  6. Norvège
  7. Pays-Bas
  8. Israël
  9. Luxembourg
  10. Suisse

À l’inverse, les pays les moins heureux sont :

  • Afghanistan : 147ᵉ
  • Sierra Leone : 146ᵉ
  • Malawi : 145ᵉ
  • Zimbabwe : 144ᵉ
  • Botswana : 143ᵉ
Synthèse et enseignements

Selon les auteurs du rapport, le déclin du bonheur des jeunes est multifactoriel. Si l’usage intensif des réseaux sociaux constitue un facteur important, il n’explique pas à lui seul les tendances observées, qui varient selon les continents et les contextes culturels.

Le rapport met également en lumière des initiatives politiques : en décembre 2025, l’Australie a relevé l’âge minimum d’accès à dix plateformes sociales de treize à seize ans. D’autres pays, dont le Danemark, la France et l’Espagne, envisagent des régulations similaires. Ces mesures visent à réduire les risques pour le bien-être des jeunes.

Focus régional : Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le rapport précise également que :

  • L’usage excessif des réseaux sociaux est plus courant chez la génération Z, les hommes, les célibataires, les personnes moins religieuses et plus aisées, ainsi que celles avec un niveau d’éducation élevé.
  • L’impact négatif sur le bien-être dépend de l’usage : multiples plateformes, sources d’information principales via réseaux sociaux et suivi d’influenceurs augmentent stress et dépression.

Ainsi, bien que les jeunes de la région Mena ne voient pas leur bien-être chuter globalement, ceux qui utilisent intensivement les réseaux sociaux restent à risque, en particulier dans certaines configurations d’usage.

Imen Nouira

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Commentaire

  1. zaghouan2040

    Répondre
    25 mars 2026 | 17h07

    La Tunisie avait tout pourtant pour être l’un des pays les plus prospères les plus équitables les plus attractifs en termes de bien être et de qualité de vie
    Las
    70 ans après l’indépendance c’est l’un des états policiers les plus sordides et repoussants du tiers monde
    La putréfaction des institutions et leur nivellement a entraîné l’aliénation profonde et durable d’une société millénaire ainsi que la marginalisation durable du pays
    Je pense surtout a notre jeunesse bâillonnée terrorisée littéralement emprisonnée
    La jeunesse d’un pays c’est son avenir

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *