L’économiste Aram Belhadj, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, a émis des réserves quant à l’efficacité des augmentations salariales prévues par la Loi de finances 2026 pour améliorer le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Dans un post publié jeudi 26 mars 2026, il réagit aux dispositions de l’article 15 de la loi, qui prévoit une augmentation des salaires dans les secteurs public et privé sur trois années (2026, 2027 et 2028), ainsi qu’une revalorisation des pensions de retraite.
Des hausses salariales jugées inefficaces
Selon lui, cette mesure ne produira pas les effets escomptés pour au moins deux raisons structurelles. D’une part, il estime que « le Tunisien vit, par nature, au-dessus de ses moyens », ce qui pourrait entraîner une dégradation du comportement de consommation en cas d’augmentation des revenus, plutôt qu’une amélioration durable de la situation financière des ménages.
D’autre part, l’universitaire souligne que le niveau des prix en Tunisie demeure élevé et devrait continuer à augmenter dans la période à venir. Dans ce contexte, les hausses salariales seraient rapidement absorbées par l’inflation, ce qui empêcherait toute amélioration réelle du pouvoir d’achat.
Plaidoyer pour des réformes structurelles
Aram Belhadj plaide ainsi pour des solutions alternatives, qu’il juge plus efficaces, notamment un renforcement du contrôle des prix, une meilleure organisation des circuits de distribution, un soutien accru à la production nationale et une libération de l’initiative économique.
À ses yeux, ces réformes structurelles sont davantage à même de répondre aux déséquilibres actuels que des augmentations salariales qu’il considère insuffisantes pour transformer la réalité économique des Tunisiens.
Cette analyse intervient alors que les autorités misent, à travers la Loi de finances 2026, sur une revalorisation progressive des revenus pour atténuer les effets de l’inflation et soutenir le pouvoir d’achat, un objectif dont l’efficacité continue de susciter le débat parmi les économistes.

M.B.Z











