Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Caisses sociales : Issam Lahmar promet une réforme sans faire payer les assurés

Par Myriam Ben Zineb

Le chantier des caisses sociales est lancé. Et pour le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, il ne passera pas par une solution de facilité. Vendredi 27 mars 2026, devant les membres du Conseil national des régions et des districts, il a posé les bases d’une réforme qu’il veut à la fois structurelle et équilibrée : repenser le système sans alourdir la facture des assurés.

« La restructuration est possible, sur la forme comme sur le fond », a-t-il affirmé, à condition de respecter les équilibres, de diversifier les sources de financement et, surtout, de ne pas porter atteinte aux droits des affiliés.

Sortir des réflexes classiques

D’emblée, le ministre a écarté l’option la plus souvent avancée : augmenter les cotisations. Une réponse jugée insuffisante, voire contre-productive.

Pour lui, améliorer les finances des caisses sociales ne peut se résumer à mobiliser davantage de ressources ou à faire contribuer davantage les assurés. « Il faut aller au-delà des solutions faciles », a-t-il insisté, appelant à une réflexion plus profonde sur le rôle et le fonctionnement même de ces institutions.

Car une hausse des cotisations, prévient-il, risquerait d’alourdir la charge des citoyens sans corriger les dysfonctionnements structurels. L’enjeu est ailleurs : redéfinir les missions des caisses pour les recentrer sur leurs objectifs initiaux, dans une logique d’efficacité et de service.

Cap sur la digitalisation

Dans cette perspective, Issam Lahmar mise sur la transformation numérique. Digitalisation des services, applications intelligentes, suivi optimisé des prestations : autant de leviers pour améliorer la qualité de prise en charge et renforcer la transparence du système.

Une orientation qui rejoint, en filigrane, les attentes exprimées au sommet de l’État ces derniers jours.

Médicaments : une urgence persistante

Le ministre a également abordé un sujet particulièrement sensible : l’approvisionnement en médicaments. Il a assuré que son département s’emploie à garantir une disponibilité régulière des traitements, tout en travaillant à adapter le cadre législatif à une demande en forte hausse.

Un point loin d’être anodin, alors que les tensions sur les produits pharmaceutiques se multiplient.

Dans le sillage des mises en garde de Kaïs Saïed

Le 25 mars, le président de la République, Kaïs Saïed, avait convoqué à Carthage une réunion d’urgence avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et plusieurs ministres concernés, dont celui des Affaires sociales.

Cette rencontre faisait suite à une visite du chef de l’État à la clinique de la CNSS à El Omrane et à la Pharmacie centrale, où il a constaté, de visu, les difficultés d’accès aux soins et les pénuries répétées de médicaments.

Face à ces dysfonctionnements, Kaïs Saïed a appelé à rompre avec les approches fragmentées et à bâtir une nouvelle vision du système de sécurité sociale et de couverture sanitaire, fondée sur l’équité et la justice sociale. Il a également insisté sur la nécessité de lutter contre la corruption dans le secteur pharmaceutique et d’instaurer davantage de transparence, notamment via des outils numériques de suivi.

Dans la foulée, il a ordonné la mobilisation immédiate des ressources nécessaires pour rétablir l’approvisionnement en médicaments et constituer un stock stratégique.

Une réforme attendue au tournant

Dans ce contexte, la sortie d’Issam Lahmar prend une résonance particulière. Entre impératifs financiers, attentes sociales et pression politique, la réforme des caisses sociales apparaît désormais comme un test grandeur nature.

Reste à savoir si cette volonté affichée de transformation profonde saura se traduire, concrètement, par des mesures capables de restaurer la confiance et de répondre aux difficultés quotidiennes des Tunisiens.

M.B.Z

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *