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Travaux du pont à l’entrée sud : trois jours au lieu de quarante, mais des embouteillages à la clé

Par Imen Nouira

Entre la démolition en cours du pont de l’entrée sud de Tunis et les travaux de maintenance du pont mobile de Bizerte, plusieurs axes routiers stratégiques du pays sont actuellement sous pression. Embouteillages dans la capitale, circulation réduite au nord : ces chantiers, jugés indispensables par les autorités, visent à améliorer la sécurité et la fluidité du trafic, au prix de perturbations temporaires pour les usagers. Malgré ces contraintes, les opérations continuent sans relâche.

Vendredi 27 mars 2026, au micro de Jihene Miled dans l’émission Sbeh Ennes sur Mosaïque FM, Khaled Latrach, directeur général des ponts et chaussées au ministère de l’Équipement, est revenu en détail sur les contraintes techniques des chantiers, les choix opérés et les délais exceptionnellement réduits.

Démolition du pont de l’entrée sud de Tunis : des travaux techniques menés à grande vitesse

Les travaux de démolition du pont de l’entrée sud de la capitale, lancés début mars 2026, visent à sécuriser et moderniser l’un des axes les plus fréquentés du pays. Ces opérations, particulièrement complexes sur le plan technique, ont été planifiées pour réduire au minimum l’impact sur la circulation, malgré des embouteillages inévitables.

Une opération technique délicate sous fortes contraintes

D’emblée, Khaled Latrach a insisté sur la complexité de l’opération de démolition, qu’il qualifie de « processus d’ingénierie précis et complexe ». La principale priorité des équipes reste la sécurité, à la fois des usagers de la route et des ouvriers intervenant sur le chantier, dans un contexte de circulation dense.

Contrairement à une démolition classique, l’opération a nécessité des études approfondies pour anticiper le comportement de la structure lors de sa déconstruction. Le pont, construit dans les années 1990, présente en effet une configuration spécifique, avec une structure continue reposant sur plusieurs appuis, imposant un découpage progressif en plusieurs segments.

Les travaux sont réalisés à l’aide de techniques de découpe contrôlée, notamment par sciage au diamant, permettant de fragmenter l’ouvrage sans recourir à des méthodes plus brutales comme l’explosif, écarté en raison de la proximité immédiate du Centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous et de l’environnement urbain dense.

Des délais drastiquement réduits

Initialement, la durée de la démolition était estimée à quarante jours. Toutefois, après coordination avec les différents intervenants, notamment les services de la circulation, ce délai a été ramené à cinq jours, puis réduit à seulement trois jours pour la première phase.

Un exploit rendu possible grâce à une mobilisation continue des équipes, travaillant 24 heures sur 24, dans des conditions parfois difficiles, marquées notamment par des vents forts et des intempéries. Comme le rappelle Khaled Latrach, « on ne peut pas faire moins » compte tenu de la nature des travaux, notamment en raison de l’épaisseur importante de la structure (environ 75 centimètres) et de la longueur totale à traiter, estimée à près de 150 mètres.

Ce rythme soutenu s’inscrit dans la continuité de la première phase achevée le jeudi 19 mars 2026, en trois jours seulement, permettant un rétablissement rapide de la circulation, comme l’avait déjà indiqué la cheffe de projet Ines Ben Ticha.

Une circulation fortement impactée mais encadrée

Ces travaux ont toutefois entraîné d’importantes perturbations du trafic. La réduction du nombre de voies — de onze à quatre sur certains tronçons — a provoqué des embouteillages majeurs, notamment aux heures de pointe, affectant l’ensemble du Grand Tunis.

Khaled Latrach reconnaît ces désagréments, mais insiste sur leur caractère temporaire et inévitable. « C’est une opération nécessaire pour la réalisation du projet », souligne-t-il, appelant les usagers à la patience.

Le choix du calendrier, en pleine période de ramadan et durant les vacances scolaires, a été fait en concertation avec les services de la circulation, afin de limiter autant que possible l’impact sur les élèves et étudiants, ainsi que sur les grands flux liés aux événements, notamment sportifs.

Les travaux avancent à un rythme soutenu et la deuxième phase des travaux pourrait être terminée dès demain, samedi 28 mars 2026, si les conditions techniques le permettent.

Un projet structurant pour la capitale

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du lot n°3 du projet d’aménagement de l’entrée sud de Tunis, visant à améliorer durablement la fluidité du trafic et la sécurité sur cet axe parmi les plus fréquentés du pays.

À terme, la modernisation de l’infrastructure et l’élargissement de la voie rapide devraient permettre de réduire significativement les points de congestion et de faciliter l’accès à la capitale depuis les régions du sud.

Pont mobile de Bizerte : une maintenance indispensable pour la sécurité

Dans la seconde partie de son intervention, Khaled Latrach est revenu sur les travaux de maintenance du pont mobile de Bizerte, entamés le lundi 23 mars 2026.

Un chantier devenu urgent

Ces travaux concernent principalement le renouvellement du revêtement de la chaussée métallique, une opération généralement réalisée tous les dix ans, mais qui accuse cette fois un retard, la dernière intervention remontant à environ douze ans.

Selon le responsable, l’état de la surface présentait désormais des risques, notamment en matière de glissance, justifiant une intervention sans délai pour garantir la sécurité des usagers.

Une organisation pour limiter l’impact

Comme annoncé précédemment par le ministère de l’Équipement, les travaux se déroulent principalement de nuit, avec une circulation alternée sur une seule voie, afin de maintenir à la fois le trafic routier et le passage des navires.

Le choix de cette période n’est pas anodin. Les autorités ont volontairement évité la saison estivale, marquée par un afflux important de visiteurs et de Tunisiens résidant à l’étranger, ainsi que la période des examens scolaires, afin de réduire les perturbations.

Sur le terrain, Khaled Latrach évoque une organisation « rigoureuse », avec une coordination étroite entre les différents intervenants et un suivi quotidien de l’avancement des travaux.

Des délais maîtrisés, sous réserve des conditions météo

La durée totale des travaux est estimée à environ un mois, avec une possibilité de réduction de quelques jours si les conditions météorologiques sont favorables.

Toutefois, certaines étapes techniques, notamment les phases de séchage et de contrôle, restent dépendantes de facteurs climatiques, rendant difficile toute accélération excessive du calendrier.

Un axe vital sous surveillance

Le pont mobile de Bizerte constitue un point de passage stratégique pour la région, reliant le centre-ville aux zones périphériques tout en assurant la continuité du trafic maritime.

Les autorités appellent ainsi les usagers à la prudence, au respect de la signalisation temporaire et à l’anticipation de leurs déplacements, rappelant que ces travaux s’inscrivent dans un programme global de maintenance visant à garantir la durabilité et la sécurité des infrastructures.

Modernisation des infrastructures : concilier rapidité, sécurité et attentes des usagers

Entre impératifs techniques, contraintes urbaines et attentes des usagers, les chantiers de l’entrée sud de Tunis et du pont de Bizerte illustrent les défis liés à la modernisation des infrastructures routières en Tunisie, où l’équilibre entre rapidité d’exécution et sécurité reste au cœur des priorités.

I.N.

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