Le président de la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen, Mounir Satouri, a exprimé, vendredi 27 mars 2026, son regret face à la décision des autorités tunisiennes de reporter la visite d’une délégation parlementaire européenne prévue dans les prochains jours.
Dans un communiqué, le responsable européen indique que cette demande de report est intervenue « seulement quelques jours avant le départ » de la délégation et « sans consultation préalable », déplorant également ce qu’il qualifie d’« évitement » d’une rencontre avec des représentants élus des citoyens européens.
Un dialogue déjà fragilisé depuis 2023
Mounir Satouri souligne que cette visite devait permettre de relancer un dialogue interrompu depuis 2023, après le refus des autorités tunisiennes d’accueillir une mission de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
La délégation, mandatée officiellement par le Parlement européen, devait se rendre en Tunisie pour aborder des questions liées aux droits humains, à la démocratie et à l’État de droit, dans le cadre d’un échange qualifié de « constructif » et fondé sur les engagements internationaux du pays.
Le communiqué rappelle notamment les obligations de la Tunisie au regard du droit international des droits humains ainsi que de l’accord d’association conclu avec l’Union européenne en 1995. Il fait également référence à une résolution adoptée par le Parlement européen le 27 novembre 2025, insistant sur la nécessité pour les autorités tunisiennes de respecter ces engagements.
Un précédent qui a tendu les relations
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une relation déjà fragilisée entre Tunis et le Parlement européen. En septembre 2023, les autorités tunisiennes avaient en effet refusé l’entrée sur le territoire à une délégation de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, attendue pour une visite officielle de deux jours. Cette décision, annoncée à la veille du déplacement et sans explication détaillée, avait suscité la « surprise » et les regrets de l’Union européenne, qui y voyait une rupture dans un dialogue jusque-là maintenu.
Ce refus, qualifié de « sans précédent depuis 2011 » par les eurodéputés concernés, avait cristallisé les tensions autour des questions de démocratie, de droits humains et du respect des engagements internationaux de la Tunisie.
Partenariat sous condition et appel au dialogue
Le président de la sous-commission insiste sur l’importance de ce partenariat avec la Tunisie, qualifiée de « partenaire de longue date » bénéficiant d’un soutien financier significatif de l’Union européenne.
Il souligne que ce partenariat doit impérativement reposer sur le respect du droit international, tout en exprimant l’espoir de voir la visite reprogrammée dans les plus brefs délais.
Mounir Satouri affirme, par ailleurs, que les institutions européennes restent « plus ouvertes que jamais au dialogue » avec les autorités tunisiennes. Il insiste également sur la nécessité de maintenir des échanges soutenus avec la société civile et les défenseurs des droits humains, à qui il réitère « son plein soutien ».
R.B.H










