L’enquête sur l’incendie d’une rame de train à Kalaa Sghira franchit un nouveau cap. Le parquet près le Tribunal de première instance de Sousse 2 a ordonné la mise en garde à vue de onze personnes, dont un mineur âgé de 17 ans, tandis que sept autres individus font l’objet de recherches.
Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, la porte-parole du tribunal, Hager Aich, a précisé que le ministère public s’est saisi de l’affaire dès la survenue des faits. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches et d’investigation de la Garde nationale à Sousse afin d’élucider les circonstances de l’incident et d’identifier les responsabilités.
Une information judiciaire ouverte et de lourdes charges retenues
Selon la même source, cinq suspects ont été déférés devant la justice, tandis qu’un juge d’instruction a été saisi du dossier. Ce dernier a décidé l’émission de dix mandats de dépôt à l’encontre des mis en cause.
Le parquet a également ordonné l’ouverture d’une information judiciaire pour une série d’accusations graves, notamment :
- incendie volontaire d’un wagon destiné au transport de passagers,
- participation à un attroupement de nature à troubler l’ordre public avec intention criminelle,
- entrave à l’exécution de la loi,
- agressions contre des personnes et des biens sans usage d’arme,
- participation à une émeute impliquant plus de dix individus,
- constitution d’une association en vue de commettre des violences,
- destruction volontaire de biens d’autrui.
Du drame initial à l’embrasement
Les faits remontent au jeudi 19 mars 2026. Ce jour-là, une collision s’est produite entre un train de transport de voyageurs reliant Tunis à Sfax et une moto au niveau d’un passage situé dans la zone d’Ouled Ben Aoun, à Kalaa Sghira.
D’après les éléments communiqués par le parquet, la moto aurait percuté le train, entraînant la mort immédiate de son conducteur, un homme âgé de 37 ans.
L’accident a provoqué l’interruption du trafic ferroviaire, en raison de la présence de débris métalliques sur la voie. Très rapidement, un grand nombre de personnes se sont rassemblées sur les lieux.
Une flambée de violence
Ce qui n’était au départ qu’un accident tragique a rapidement dégénéré. Sous le choc et la tension, des individus ont commencé à lancer des pierres sur le train ainsi que sur les véhicules des forces de sécurité et de la protection civile présents sur place.
Les affrontements ont causé des dégâts matériels à plusieurs véhicules, dont un camion de la protection civile.
La situation a ensuite basculé dans une escalade de violence : une des voitures du train a été incendiée, provoquant d’importants dégâts au convoi ferroviaire.
Des interpellations en série
Les développements annoncés ce samedi interviennent dans la continuité des premières avancées de l’enquête. Mardi 24 mars 2026, le porte-parole de la Garde nationale, Houssemeddine Jebabli, avait indiqué l’arrestation de huit suspects âgés de 19 à 40 ans, soupçonnés d’implication directe dans les violences.
Ces interpellations s’étaient déroulées en deux phases : quatre personnes avaient été arrêtées dans un premier temps, suivies de quatre autres.
Une enquête pour faire toute la lumière
L’affaire combine ainsi un double volet : un accident mortel et des actes de violence collective ayant conduit à la destruction partielle d’un train de transport de passagers.
Les autorités judiciaires poursuivent les investigations pour reconstituer précisément le déroulement des événements, identifier l’ensemble des participants aux violences et établir les responsabilités individuelles dans ce dossier particulièrement sensible.
Alors que plusieurs suspects sont désormais sous écrou et que d’autres restent activement recherchés, l’enquête se poursuit pour déterminer toutes les circonstances de cette affaire où un drame humain a rapidement dégénéré en émeute.
I.N.










