Le journaliste et rédacteur en chef du journal Inhiyez, Ghassen Ben Khelifa, a annoncé avoir été condamné à deux ans de prison dans le cadre d’une affaire liée à la gestion présumée d’une page Facebook, tout en affirmant avoir quitté la Tunisie à la suite de ce jugement.
Dans une publication rendue publique, ce lundi 30 mars 2026, il indique que cette condamnation a été prononcée par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis pour « utilisation de réseaux et systèmes d’information en vue de produire et diffuser de fausses informations portant atteinte à la sécurité publique », en référence notamment au décret-loi 54.
L’affaire porte sur des accusations graves, dont l’appartenance présumée à une entente terroriste et l’incitation au terrorisme, des charges que l’intéressé rejette catégoriquement. Il affirme n’avoir aucun lien avec la page en question, soulignant que, selon lui, le principal accusé aurait reconnu être l’unique administrateur du compte.
Une décision contestée par l’intéressé
Dans sa déclaration, Ghassen Ben Khelifa dénonce un « dossier fabriqué » et un verdict qu’il qualifie d’injuste. Il évoque également une première condamnation de six mois de prison dans une affaire liée au même dossier, portant ainsi la peine globale à deux ans et demi.
Il critique par ailleurs le contexte judiciaire et politique entourant cette affaire, mettant en cause les orientations du pouvoir en place dirigé par le président Kaïs Saïed.
Départ à l’étranger et poursuite de l’engagement
Face à cette situation, Ghassen Ben Khelifa affirme avoir quitté le territoire « contraint », évoquant des raisons personnelles et familiales. Il indique ne pas envisager de retour à court terme, tout en assurant vouloir poursuivre ses activités militantes et médiatiques depuis l’étranger.
Il a également adressé ses remerciements à son collectif de défense, composé de plusieurs avocats et soutiens issus notamment du milieu journalistique et des droits humains.
S.H












