Un conseil ministériel restreint, tenu lundi 30 mars 2026 au Palais de la Kasbah, sous la présidence de la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, a été consacré à la réforme du système de santé, du système de sécurité sociale et de la couverture sanitaire.
D’emblée, la cheffe du gouvernement a insisté sur le caractère prioritaire de ce chantier, inscrit dans les orientations du président de la République Kaïs Saïed. Elle a appelé à une refonte globale, rompant avec les approches ponctuelles, afin de garantir un accès équitable aux soins et de restaurer la performance des structures publiques de santé.
Médicaments : priorité à l’approvisionnement et à la souveraineté
Au cœur des discussions, la question de l’approvisionnement en médicaments. Le gouvernement a décidé de mobiliser immédiatement les financements nécessaires au profit de la Pharmacie centrale de Tunisie pour rétablir un rythme normal d’approvisionnement du marché national.
Parmi les principales mesures annoncées figurent la constitution d’un stock stratégique, notamment pour les médicaments vitaux, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de gouvernance de la chaîne pharmaceutique. La digitalisation complète du secteur est également envisagée afin d’assurer une meilleure traçabilité des circuits de distribution et une gestion optimisée des stocks.
Dans cette optique, l’exécutif entend également réduire les délais d’octroi des autorisations de mise sur le marché (AMM), dans le but de soutenir la production locale de médicaments génériques et de limiter la dépendance aux importations.
Réformes structurelles en vue pour la santé et la sécurité sociale
Au-delà de la question du médicament, le conseil ministériel a acté le lancement d’une réforme en profondeur des systèmes de santé et de sécurité sociale. Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a présenté un état des lieux du secteur pharmaceutique et des avancées réalisées, tandis que le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a exposé la situation des caisses sociales et les pistes de réforme envisagées.
L’exécutif ambitionne ainsi de mettre en place une vision intégrée, articulée autour d’un meilleur équilibre entre les structures de santé, les caisses sociales et les mécanismes de financement.
Cap sur l’investissement et l’export
Dans une perspective économique, le gouvernement mise également sur le développement de l’industrie pharmaceutique comme levier de croissance. L’objectif affiché est de renforcer la production locale, notamment de vaccins, et de positionner la Tunisie sur les marchés africains et internationaux.
En conclusion des travaux, la cheffe du gouvernement a insisté sur l’urgence d’accélérer les réformes et de renforcer le contrôle des circuits de distribution afin de garantir un accès effectif aux médicaments sur l’ensemble du territoire.
S.H










