Une montée de tension notable secoue le secteur du transport non régulier en Tunisie. Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, le syndicaliste Moez Sellami, vice-président de la Fédération nationale du transport relevant de l’Utica, a évoqué, sur un ton ferme, la possibilité d’une grève générale dans le secteur.
Le responsable syndical a tenu à clarifier le périmètre de la Chambre nationale du transport, précisant qu’elle regroupe l’ensemble des activités de transport non régulier : taxis individuels, taxis collectifs, louages, transport rural et touristique, ainsi que d’autres services connexes. Un secteur hétérogène mais essentiel, qu’il décrit comme un complément indispensable au transport public structuré.
Moez Sellami a fait état d’un climat de colère et de désapprobation au sein des professionnels du secteur, imputant cette situation à ce qu’il considère comme un manque de sérieux de la part des autorités de tutelle dans le traitement des dossiers en suspens. Il a dénoncé notamment le non-respect d’engagements formels, consignés dans des procès-verbaux signés avec le ministère du Transport.
Au cœur des revendications figure la révision des tarifs du transport. Selon Sellami, un accord a été conclu le 22 janvier 2026, prévoyant une augmentation des tarifs avant la fin du premier trimestre de l’année. Or, à ce jour, aucune mesure concrète n’a été mise en œuvre. « Il ne s’agit plus d’une revendication, mais de l’application d’un engagement écrit », a-t-il insisté.
Le syndicaliste a souligné que les professionnels du secteur faisaient face à une pression économique croissante, marquée notamment par la hausse continue des prix des carburants, des pièces détachées et des véhicules. En dépit de cette inflation, les tarifs appliqués sont restés inchangés, créant un déséquilibre financier difficilement soutenable pour les acteurs du secteur.
Toutefois, selon Moez Sellami, la hausse des tarifs n’est pas la seule solution envisagée. Les professionnels appellent également à la mise en place de mesures d’accompagnement, telles que des avantages fiscaux, des facilités d’importation de véhicules ou encore des conditions préférentielles en matière d’assurance. L’objectif étant d’éviter de faire peser exclusivement sur le citoyen le coût des ajustements économiques.
Au-delà de la question tarifaire, d’autres dossiers structurels alimentent la contestation. Le syndicaliste a évoqué notamment la nécessité de réviser certains cadres juridiques, dont la loi n°33 de 2004 et le décret 581, jugés inadaptés aux réalités actuelles du secteur. Il a insisté également sur l’urgence de mieux organiser les stations et de lutter contre l’anarchie dans l’exploitation du transport, notamment face au phénomène de l’exercice informel.
Dans ce contexte, une réunion décisive est prévue le 7 avril 2026 réunissant l’ensemble des structures professionnelles du transport non régulier. Cette rencontre devra trancher sur les formes de mobilisation à adopter, y compris le recours à une grève générale.
Moez Sellami a précisé que cette option demeure un dernier recours. « Personne ne souhaite en arriver là, car c’est le citoyen qui en paie le prix, mais aussi les professionnels eux-mêmes », a-t-il conclu, laissant entrevoir une ultime fenêtre pour le dialogue avant une possible paralysie du secteur.
N.J










