Le ministère de l’Intérieur a affirmé que les unités sécuritaires poursuivent l’exécution des avis de recherche visant les éléments terroristes, qu’ils soient de retour des zones de conflit ou toujours à l’étranger. Des mesures préventives ont également été mises en place aux frontières afin d’empêcher toute infiltration sur le territoire national.
Dans une réponse à une question écrite de la députée Fatma Mseddi, publiée mardi 31 mars 2026 sur le site officiel du Parlement, le département a précisé que ces dispositions visent à bloquer toute tentative d’entrée, notamment via les postes frontaliers ou les circuits de migration irrégulière.
Le ministère a indiqué avoir renforcé le dispositif de sécurisation des frontières, notamment à travers la surveillance des zones désertiques et l’organisation de patrouilles conjointes entre l’armée et la Garde nationale, appuyées par des équipements électroniques avancés.
Une approche globale en quatre axes
Par ailleurs, les autorités adoptent une approche intégrée dans la gestion des individus revenant des foyers de tension. Celle-ci repose sur quatre axes principaux : le cadre juridique, les procédures de prise en charge, le parcours judiciaire ainsi que les mesures carcérales et de réhabilitation.
Sur le plan légal, cette stratégie s’appuie notamment sur la Constitution tunisienne, la loi organique n°26 de 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et la prévention du blanchiment d’argent — amendée en 2019 — ainsi que sur le Code pénal et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie en matière de droits humains et de droit humanitaire.
Concernant les procédures de prise en charge, le ministère a souligné l’existence d’une coordination diplomatique et judiciaire avec les pays concernés, incluant l’échange de dossiers et de preuves, l’établissement de listes nominatives accompagnées de données biométriques et une évaluation préalable du niveau de risque. Le transfert des individus est assuré par des unités spécialisées, avec notification immédiate du parquet à leur arrivée pour l’ouverture d’enquêtes judiciaires.
Un suivi judiciaire et sécuritaire strict
Sur le plan judiciaire, des enquêtes sont systématiquement ouvertes et les dossiers transmis aux chambres criminelles après instruction. Les poursuites portent notamment sur des chefs tels que l’adhésion à une organisation terroriste, l’entraînement ou la participation à des combats. Les autorités recourent également à la coopération judiciaire internationale pour compléter les preuves, notamment numériques, et peuvent ordonner des mandats de dépôt ou des mesures alternatives comme la surveillance administrative.
Enfin, s’agissant de la détention et de la réhabilitation, les individus considérés comme les plus dangereux sont placés dans des unités spécifiques afin d’éviter toute influence sur les autres détenus. Ils font l’objet d’évaluations régulières de leur niveau de dangerosité, d’un contrôle strict des communications et d’un suivi coordonné entre les services pénitentiaires et sécuritaires. Des programmes de déradicalisation, incluant un accompagnement psychologique et social, sont également mis en œuvre, avec un dispositif de suivi prévu après leur libération.
S.H










