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Salaires impayés et chaos financier à la CPG : le spectre de l’effondrement agité par le syndicat

Par Imen Nouira

À Gafsa, la colère monte. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) est au bord du gouffre : retards de salaires, dettes accumulées et crise de gouvernance plongent cette entreprise stratégique dans un désastre financier et structurel. Cette situation illustre les dysfonctionnements profonds d’un secteur minier essentiel pour l’économie tunisienne, où l’urgence de sauver l’entreprise et de protéger les salariés ne fait plus aucun doute.

La Fédération générale des ouvriers mineurs, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a publié, lundi 30 mars 2026, un communiqué alertant sur l’effondrement de la société et appelant la présidence du gouvernement tunisien à intervenir immédiatement.

Une crise structurelle profonde

Selon le syndicat, la CPG n’est plus confrontée à une simple crise conjoncturelle, mais à une véritable crise structurelle reflétant « un échec de gouvernance et une absence flagrante de volonté politique pour sauver un secteur vital, pilier de l’économie nationale ». Le communiqué souligne que l’incapacité récurrente de l’entreprise à honorer ses obligations essentielles — paiement des cotisations sociales, versement des impôts et taxes à l’État, règlement des dettes envers des institutions publiques comme la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP-Agil) et la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), ainsi que le paiement des sociétés de sous-traitance et des crédits bancaires — n’est plus un simple indicateur financier négatif, mais un signe alarmant d’un déséquilibre profond menaçant l’existence même de la société.

Tensions sociales et perte de confiance

Le syndicat met également en lumière « l’effondrement continu de la confiance au sein de l’entreprise », résultant de la non-application des procès-verbaux de la Commission centrale de conciliation et des retards inacceptables dans le paiement des salaires, que ce soit au sein de la CPG ou de la Société tunisienne de transport des produits miniers (STTM). » Cette situation a provoqué un mécontentement social sans précédent, dépassant les limites de l’entreprise et menaçant l’équilibre social de la région, avec un risque d’explosion aux conséquences incontrôlables.

Le communiqué insiste sur la « responsabilité politique » totale de la direction générale de la société et des autorités de tutelle, notamment le ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, qu’il accuse de « négligence et de complicité par silence ». Il souligne l’absence de vision nationale claire pour sauver le secteur minier et pose la question cruciale : la Tunisie choisira-t-elle un véritable sauvetage ou laissera-t-elle ses institutions publiques s’effondrer sous l’effet de l’abandon et de la mauvaise gestion ?

Appel à l’action immédiate

Face à cette situation, le syndicat appelle la présidence du gouvernement tunisien à prendre des décisions exceptionnelles afin de :

  1. « Garantir le paiement immédiat des salaires, ligne rouge de toute intervention ».
  2. « Ouvrir un véritable processus de réforme basé sur la transparence, la reddition de comptes et la responsabilisation des dirigeants ».
  3. « Mettre en œuvre un plan national de sauvetage global pour rétablir le secteur minier comme moteur essentiel du développement économique et régional ».

Le communiqué conclut en soulignant que « sauver la Compagnie des phosphates de Gafsa n’est pas une revendication sectorielle limitée, mais un enjeu national lié à l’avenir de l’économie, à la stabilité des régions et au prestige de l’État ». Le syndicat affirme sa détermination à défendre les droits des travailleurs et à recourir à toutes les formes de mobilisation légitimes, tout en rappelant que « le moment de la décision est arrivé et que le temps du retard n’est plus une option ».

Grève à Metlaoui

La situation sociale s’est aggravée dès le lendemain. Selon un responsable syndical de la Fédération des mines, « les agents des laveries 2 et 3 de Metlaoui ont entamé, mardi 31 mars 2026, une grève durant la matinée, pour protester contre le retard du versement de leurs salaires ». La grève affecte le fonctionnement des installations et témoigne du mécontentement croissant des employés face à la détérioration de leurs conditions de travail.

Contexte et enjeux

La CPG, héritière d’un secteur historique de l’économie tunisienne, joue un rôle crucial dans l’exportation et le développement régional. Les phosphates de Gafsa constituent non seulement un pilier économique, mais également un employeur majeur dans le bassin minier du sud tunisien. La crise actuelle menace donc non seulement l’entreprise elle-même, mais aussi la stabilité économique et sociale de toute la région.

Les analystes soulignent que la combinaison de dettes accumulées, de retards dans les paiements et de désengagement des autorités risque d’entraîner un cercle vicieux de paralysie industrielle, aggravant le chômage et les tensions sociales dans une zone déjà sensible. La nécessité d’une intervention rapide et coordonnée est ainsi perçue comme urgente pour éviter une escalade.

Vers une issue imminente ?

Alors que la pression sociale et syndicale augmente, la balle est désormais dans le camp des autorités gouvernementales. Une intervention urgente et structurée, conjuguant régularisation des salaires et réforme institutionnelle, apparaît comme le seul moyen de restaurer la confiance, de stabiliser le secteur et de préserver un pilier clé de l’économie tunisienne.

I.N.

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Commentaire

  1. arfaouiabdesselem

    Répondre
    31 mars 2026 | 16h36

    Juste une question à ce syndicat : peut il nous expliquer pourquoi la production a chuté de moitié presque après la soit disant révolution c’est tout.

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