La justice française a refusé la demande d’extradition de Halima Ben Ali, fille cadette du président défunt Zine El Abidine Ben Ali, selon une information de l’AFP relayée mercredi 1er avril 2026, par plusieurs médias.
Cette décision intervient au terme d’une procédure engagée fin 2025 et marquée par plusieurs audiences devant la chambre de l’instruction à Paris, juridiction compétente en matière d’extradition. Une première audience s’était tenue le 26 novembre 2025, suivie d’une seconde le 10 décembre, après que l’avocat général eut estimé que « ce dossier ne fait que commencer » et demandé des compléments d’information aux autorités tunisiennes.
Au cœur des échanges, la justice française avait notamment cherché à s’assurer que les poursuites engagées contre Halima Ben Ali relevaient du droit commun et non d’une motivation politique. Des précisions avaient également été exigées concernant la prescription de certains faits reprochés.
Selon les éléments présentés à l’audience, les autorités tunisiennes accusent la fille de l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années, d’infractions financières graves, notamment de blanchiment de capitaux issus de fonds liés à l’exercice du pouvoir de son père. Ces faits sont passibles de peines pouvant atteindre vingt ans de prison. Un mandat d’arrêt international a d’ailleurs été émis à son encontre via Interpol pour des soupçons de détournement de fonds.
Une défense qui dénonce un dossier politique
De son côté, la défense a vigoureusement contesté ces accusations. Son avocate, Samia Maktouf, avait affirmé que l’extradition de sa cliente vers la Tunisie reviendrait à « une condamnation à mort », dénonçant une procédure à caractère politique. Elle a soutenu que sa cliente « n’a jamais commis de crime ou de délit » et qu’elle avait quitté la Tunisie à l’âge de 17 ans.
L’avocate avait également évoqué une volonté de « se venger de l’ancien chef d’État à travers elle », estimant que Halima Ben Ali se retrouvait au centre d’un contentieux dépassant sa propre personne.
Une interpellation à Paris
Résidant à Dubaï, où elle vivait et travaillait, Halima Ben Ali avait été interpellée fin septembre 2025 à l’aéroport de Paris, alors qu’elle s’apprêtait à regagner les Émirats arabes unis après un séjour privé. Cette arrestation faisait suite à une demande des autorités tunisiennes.
Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait l’objet de mesures judiciaires à l’étranger. Elle avait déjà été arrêtée en Italie en 2018, également à la demande de la Tunisie, avant d’être remise en liberté.
Un dossier ancré dans l’héritage de 2011
Cette affaire s’inscrit dans le prolongement des procédures engagées après la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali. Le 14 janvier 2011, l’ancien président avait fui la Tunisie après 23 ans au pouvoir, à la suite d’un soulèvement populaire déclenché par l’immolation d’un vendeur ambulant à Sidi Bouzid en décembre 2010.
Il avait quitté le pays accompagné de son épouse Leila Trabelsi et de leurs enfants, dont Halima Ben Ali. L’ancien chef de l’État avait ensuite vécu en exil en Arabie saoudite jusqu’à son décès en 2019.
M.B.Z












7 commentaires
zaghouan2040
Dans mon précédent commentaire il faut lire »si je hais Benali »
zaghouan2040
Dieu sait si je vis Benali mais la demande même de l’extradition alors que l’intéressée était mineure au moment des faits décrédibilise non seulement la demande mais l’ensemble des pouvoirs judiciaires et exécutif
Ce qu’il faut retenir c’est qu’aux yeux des pays avancés comme la Canada l’Australie la Suisse l’Allemagne la Belgique la France etc etc
La Tunisie est un état paria en matiere de coopération juridique comme dans d’autres domaines
HatemC
Le fait qu’elle ait été mineure renforce précisément la position de la justice française. Les juges considèrent qu’une adolescente de 17 ans ne peut être tenue pour responsable des décisions financières ou politiques de ses parents. En droit international, l’extradition est refusée si elle est perçue comme ayant une visée politique ou si elle est manifestement disproportionnée.
En somme, si elle est « accablée » aujourd’hui, c’est parce qu’elle est l’héritière légale d’un système financier que la Tunisie tente de démanteler, même si son implication personnelle à l’âge de 17 ans semble, pour beaucoup d’observateurs, inexistante.
Le nœud du problème n’est pas tant ce qu’elle a « fait » personnellement à 17 ans, mais ce qui a été mis en son nom. Sous le régime de Ben Ali, il était courant que des actifs importants (terrains, villas de luxe, parts dans des sociétés) soient enregistrés au nom des enfants ou de proches pour les mettre à l’abri ou contourner certaines règles.
Je ne suis pas d’accord pour restituer cesbiens pour la simple raison que ce pays est CORROMPU
Depuis la chute de Ben Ali, des milliers de biens (voitures de luxe, villas, entreprises) ont été saisis par l’État. Le problème ? Beaucoup de ces biens ont dépéri ou ont été revendus dans des conditions floues.
Certains rapports de la société civile tunisienne ont dénoncé une gestion « calamiteuse » où des proches des nouveaux pouvoirs auraient profité de ces saisies.
Cela donne l’impression que l’on a simplement remplacé un clan par d’autres réseaux d’influence, ce qui nourrit votre sentiment de « distribution entre corrompus ».
Sur le plan éthique, on peut se poser la question : vaut-il mieux laisser ces avoirs à une personne qui les a obtenus par héritage (même si l’origine est douteuse) ou les rendre à un État où le risque de détournement est élevé ?
La décision de la justice française du 1er avril 2026 de refuser l’extradition montre que, pour la France, le dossier tunisien ressemble plus à un règlement de comptes politique qu’à une procédure judiciaire rigoureuse … BRAVO LA JUSTICE FRANCAISE … HC
zaghouan2040
Imed Trabelsi et son frère mort en prison ont été torturés par les sbires de Bhiri et on a tenté de les racketter en prison
HatemC
Qu’elle est son crime etre la fille de l’ancie président et lui faire payer …. que ce pays bananier cesse un peu et se tourne vers l’avneir … cette chass en’a rien d’autres objectif que de flatter l’opinion publique populiste … Infecte pays Infecte *** … HC
Gg
Sage décision de la justice française.
Halima avait 17 ans lorsque son père a été déchu, comment aurait-elle pu commettre les faits qui lui sont reprochés ?
Mais si la tunisie veut absolument récupérer des OQTF, il n’y a que l’embarras du choix…
zaghouan2040
Les autorités tunisiennes ne se rendent pas compte a quel point elles sont deconsidérées dans le monde occidental
La Tunisie y est perçue comme un État de non droit une vulgaire république bananiere infréquentable sauf nécessité imperieuse