La tendance se confirme : le printemps 2026 s’annonce plus chaud que la normale en Tunisie. Dans son bulletin publié mercredi 1er avril 2026, l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit des températures supérieures aux moyennes saisonnières sur l’ensemble du pays entre avril et juin, avec une montée progressive vers des conditions quasi estivales.
Cette période de transition vers l’été devrait, comme souvent, accentuer les contrastes régionaux, mais avec une constante désormais bien installée : la chaleur gagne du terrain plus tôt et s’accompagne d’un assèchement progressif, particulièrement marqué au centre et au sud.
Avril : un printemps déjà plus chaud
Dès avril, les températures amorcent une hausse notable. Elles évolueront entre 14 et 18°C au nord et au centre, et entre 17 et 21°C au sud. Les zones montagneuses de l’ouest, à l’image de Thala, resteront plus fraîches, autour de 12,5°C.
Les pluies, encore présentes au nord, amorceront leur repli avec des cumuls variant entre 30 et 50 mm — jusqu’à 70 mm à Tabarka — contre 20 à 40 mm au centre et des niveaux nettement plus faibles au sud.
Mai : la bascule vers la chaleur sèche
En mai, le changement de régime s’accentue. La chaleur s’installe plus franchement, avec des températures oscillant entre 19 et 22°C au nord et au centre, et entre 21 et 26°C au sud.
Dans le même temps, les précipitations deviennent plus rares. Le nord et le centre enregistreront entre 20 et 45 mm, tandis que le sud restera largement en marge des épisodes pluvieux.
Juin : un avant-goût d’été
Le mois de juin marque une rupture nette : les conditions estivales s’imposent avec des températures atteignant 23 à 25°C au nord et au centre, et jusqu’à 27°C à Kairouan. Au sud, les maximales grimperont entre 25 et 31°C.
La sécheresse s’intensifie parallèlement, avec des pluies très faibles, voire quasi inexistantes dans plusieurs régions, notamment au sud.
Une tendance de fond qui se confirme
Au-delà de ces prévisions saisonnières, c’est une dynamique plus profonde qui se dessine. La hausse des températures, plus précoce et plus marquée, ainsi que la raréfaction des pluies, s’inscrivent dans une tendance liée au changement climatique.
Ces dernières années, la Tunisie, à l’instar de l’ensemble du bassin méditerranéen, enregistre une multiplication des épisodes extrêmes : vagues de chaleur plus longues et plus intenses, périodes de sécheresse prolongées, mais aussi, à l’inverse, des épisodes pluvieux plus courts et plus violents.
Ce printemps 2026 semble ainsi s’inscrire dans cette trajectoire, où les saisons intermédiaires s’effacent progressivement au profit de transitions plus brutales entre hiver et été, avec des impacts croissants sur les ressources en eau, l’agriculture et le quotidien des citoyens.
M.B.Z










