Pourquoi le ministère tunisien des Affaires étrangères reste-t-il silencieux face à une loi israélienne qui suscite une vague de condamnations à travers le monde ? Alors que plusieurs capitales et organisations internationales ont vivement réagi, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a, lui, pris position, dénonçant jeudi 2 avril 2026 l’adoption par les autorités israéliennes d’un texte instaurant la peine de mort à l’encontre des prisonniers palestiniens, qualifié de « grave escalade » et de « violation flagrante des droits humains ».
Adoptée le 30 mars 2026 par la Knesset, cette nouvelle loi, portée par des formations d’extrême droite, prévoit l’instauration de la peine capitale pour des actes qualifiés de « terrorisme ». Ce texte a été conçu de manière à viser exclusivement les Palestiniens, alimentant ainsi les accusations de discrimination et de rupture avec les principes fondamentaux du droit international.
L’ARP dénonce une « dérive fasciste » et un crime de guerre
L’institution a exprimé sa « condamnation catégorique » de ce texte qu’elle considère comme « à caractère fasciste et raciste », estimant qu’il constitue une atteinte directe au droit à la vie et une violation manifeste des conventions internationales.
Dans son communiqué, le Bureau de l’ARP a également qualifié cette législation de « crime de guerre », venant s’ajouter, selon ses termes, à une série d’exactions commises contre le peuple palestinien. Il a notamment dénoncé les conditions de détention des prisonniers palestiniens, évoquant des actes de torture, de mauvais traitements et de négligence médicale, en contradiction avec les dispositions du droit international humanitaire.
Le bureau de l’ARP a par ailleurs insisté sur le caractère fondamental du droit à la vie et à la liberté, appelant la communauté internationale à adopter une position ferme face à ce qu’il décrit comme des « mesures criminelles sans précédent ».
Il a, dans ce sens, exhorté les parlements régionaux et internationaux ainsi que les institutions législatives amies à condamner cette décision et à intensifier leurs efforts afin d’exercer des pressions en vue d’assurer une protection effective des prisonniers palestiniens et de garantir leur intégrité physique.
L’ARP a réitéré sa solidarité indéfectible avec le peuple palestinien dans sa lutte pour le recouvrement de ses droits nationaux, notamment son droit à l’établissement d’un État indépendant et souverain avec Jérusalem pour capitale.
Une vague de condamnations
La loi israélienne a, rappelons-le, provoqué une onde de choc au sein des instances internationales. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a averti que l’application de cette loi, notamment dans les territoires palestiniens occupés, pourrait être assimilée à un crime de guerre. Il a dénoncé une violation particulièrement grave du droit international, pointant également son incompatibilité manifeste avec les obligations d’Israël en matière de respect du droit à la vie et des garanties d’un procès équitable.
Plusieurs pays musulmans ont également exprimé leur vive inquiétude. Huit États, parmi lesquels l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie ou encore l’Indonésie, ont dénoncé une « escalade dangereuse », soulignant le caractère discriminatoire de cette législation à l’encontre des prisonniers palestiniens. Jakarta, en particulier, a qualifié la loi de violation grave des droits humains et du droit international humanitaire, appelant à son abrogation immédiate.
Du côté européen, les critiques se sont également multipliées. L’Union européenne a évoqué un « net recul », dénonçant à la fois le rétablissement de la peine de mort et le caractère jugé discriminatoire du texte. Plusieurs capitales, dont Berlin, Londres, Paris et Rome, avaient dès les premiers jours exprimé leurs réserves, appelant Israël à reconsidérer une mesure susceptible de porter atteinte à ses engagements démocratiques.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, est allé plus loin en dénonçant une « mesure asymétrique » qui instituerait une justice à deux vitesses, évoquant un « pas de plus vers l’apartheid ». Dans le même esprit, le Conseil de l’Europe a laissé entendre que ce tournant législatif pourrait compromettre le statut d’observateur d’Israël au sein de son Assemblée parlementaire, au regard de son opposition ferme et constante à la peine capitale.
Le silence de la diplomatie tunisienne en contraste
Ainsi, tandis que la communauté internationale et les organisations nationales multiplient les mises en garde face à une législation jugée préoccupante, l’absence de réaction officielle du ministère tunisien des Affaires étrangères contraste avec la prise de position du Parlement, seule voix institutionnelle à s’être élevée jusqu’ici dans le pays, alors que la Tunisie se distingue historiquement par son engagement constant en faveur de la cause palestinienne.
N.J










