Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Tunisie, pivot du redéploiement économique français en Méditerranée

Plus de quatre ans après la dernière visite d’envergure, la France signe un retour remarqué en Tunisie. À Gammarth, les 26 et 27 mars 2026, la réunion des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE) n’a rien d’un simple déplacement économique. Portée par la présence de plus de 90 entreprises françaises, elle marque un tournant : celui d’un retour assumé, dans un contexte mondial marqué par la recomposition des chaînes de valeur.

Dans ce paysage en mutation, la Tunisie revient au centre du jeu. Échanges commerciaux en hausse, investissements soutenus, flux de devises en progression : tous les indicateurs convergent. À travers cette mobilisation, Paris envoie un message clair : le partenariat avec Tunis reste stratégique et appelé à se renforcer.

La Tunisie, pivot stratégique du partenariat franco-méditerranéen

La Tunisie a été placée au cœur des échanges économiques euro-méditerranéens à l’occasion de la réunion régionale des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE). Plus qu’un simple rendez-vous institutionnel, cette rencontre a acté un retour affirmé de la présence économique française dans le pays, après plus de quatre années sans délégation de cette envergure.

D’emblée, le message est clair : la Tunisie demeure un partenaire de premier plan pour la France. Les données économiques viennent appuyer cette réalité. La France conserve sa position de premier investisseur étranger en Tunisie, de premier partenaire commercial et de principale source de devises, notamment à travers la diaspora et le tourisme. En parallèle, la Tunisie s’impose comme le troisième partenaire commercial de la France en Afrique et, fait notable, comme le premier investisseur africain en France en nombre de projets depuis six années consécutives.

Parmi les participants à Gammarth figuraient Alexandre Ratle, président du Comité Tunisie des CCE et président de la Commission Sud-Méditerranée, Proche et Moyen-Orient, Sophie Sidos, présidente des CCE, Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, ainsi que Samir Majoul, président de l’UTICA. Leur présence a renforcé le caractère stratégique de la réunion et souligné l’importance accordée à la relation bilatérale.

Dans un contexte international marqué par les recompositions industrielles, la recherche de proximité des chaînes d’approvisionnement et les impératifs de transition énergétique, la Tunisie apparaît comme une plateforme stratégique. Sa proximité géographique avec l’Europe, son positionnement dans le même fuseau horaire, ainsi que ses compétences reconnues dans des secteurs clés — automobile, électronique, énergies renouvelables et numérique — renforcent son attractivité. À cela s’ajoute un capital humain qualifié et francophone, qui consolide son rôle dans la construction d’un espace industriel euro-méditerranéen intégré.

Gammarth, symbole d’un retour assumé

C’est dans ce contexte que s’inscrit la réunion régionale des CCE, organisée pour la première fois en Tunisie sous le thème « Deux Rives, Un Avenir : les nouvelles dynamiques du commerce euro-méditerranéen ». L’événement a réuni plus de 90 entreprises françaises ainsi que des dirigeants et délégués issus d’une quinzaine de pays, venus notamment d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Cette mobilisation constitue la plus importante délégation économique française à se rendre en Tunisie depuis plus de quatre ans.

Au-delà de sa dimension symbolique, cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges initiés en octobre 2025 à Paris, lors des Rencontres Tunisie organisées à Business France et du dîner en l’honneur de la délégation de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica). L’objectif affiché est de transformer cet élan en engagement durable et structuré, fondé sur une vision de partenariat renforcé entre les deux rives de la Méditerranée.

Un partenariat appelé à changer d’échelle

Les travaux de la réunion ont été structurés autour de plusieurs thématiques majeures. Les discussions ont porté sur les nouvelles interdépendances géopolitiques dans l’espace euro-méditerranéen, les enjeux liés à l’eau, au climat et à la sécurité alimentaire, ainsi que sur les mutations des chaînes de valeur industrielles et les opportunités offertes par le nearshoring. Les échanges ont également intégré une analyse des implications économiques et géostratégiques de la crise au Moyen-Orient pour les entreprises opérant dans la région.

Ces débats ont mis en évidence une tendance de fond : l’intensification des logiques de coopération régionale face aux incertitudes globales. Dans ce cadre, la Tunisie est présentée non pas comme une périphérie, mais comme un point d’articulation entre l’Europe et l’Afrique, capable de jouer un rôle de pont dans un environnement international fragmenté.

Des indicateurs économiques au vert

Au-delà des discours, les fondamentaux économiques confirment la solidité de la relation bilatérale. Les échanges de biens ont atteint 8,9 milliards d’euros, avec un excédent de 1,8 milliard d’euros en faveur de la Tunisie, tandis que les services affichent un volume de trois milliards d’euros, également excédentaire.

La France demeure la principale source de devises pour la Tunisie, portée par le tourisme — avec 1,1 million de visiteurs français et 630 millions d’euros de recettes en 2024 — et par les transferts de la diaspora, qui ont atteint 1,2 milliard d’euros.

Sur le plan des investissements, le stock d’IDE français s’élève à 2,7 milliards d’euros, soutenu par un tissu de plus de 1.600 entreprises implantées dans le pays. Parallèlement, la présence tunisienne en France progresse, confirmant une dynamique d’investissement désormais à double sens.

La rencontre s’est conclue par un dîner de gala organisé à l’Acropolium de Carthage, marqué par une initiative à forte portée symbolique. Les bénéfices de la soirée ont été dédiés à la restauration de ce monument emblématique du patrimoine méditerranéen. Ce geste illustre la volonté des organisateurs d’inscrire la coopération économique dans une démarche plus large, intégrant des dimensions culturelles et patrimoniales.

Au final, cette réunion dépasse le cadre d’un simple événement économique. Elle traduit une volonté de consolidation du partenariat franco-tunisien et, plus largement, de structuration d’un espace euro-méditerranéen fondé sur l’interdépendance, la proximité et des intérêts économiques convergents.

I.N – D’après communiqué

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *