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Au large de la Libye, le méthanier russe de nouveau hors contrôle fait craindre le pire

Par sarra hlaoui

La situation du méthanier russe à la dérive au large des côtes libyennes continue de susciter de vives inquiétudes. Invité sur les ondes de Diwan FM, l’expert en climat et ingénieur environnemental Hamdi Hached a mis en garde contre un risque toujours présent, malgré les tentatives d’intervention.

Revenant sur l’évolution de la situation, l’expert a expliqué que, dans un premier temps, le navire faisait l’objet d’un suivi international sans présenter de menace immédiate. Toutefois, les conditions météorologiques défavorables, notamment une tempête survenue la semaine dernière, ont compromis les opérations de remorquage entreprises par les autorités libyennes. Le méthanier se trouve désormais à proximité des côtes, à l’est du pays, dans une zone toujours sous surveillance.

Selon Hamdi Hached, la dangerosité de ce type de navire réside dans sa cargaison. Un méthanier peut transporter entre 125.000 et 170.000 m³ de gaz naturel liquéfié, soit jusqu’à 90.000 tonnes. En cas de fuite, ce gaz, hautement inflammable, pourrait se transformer en nuage susceptible de s’étendre sur une vaste zone en fonction des vents, avec un risque réel d’explosion en présence d’une source d’ignition.

L’expert évoque également des conséquences environnementales potentiellement graves. Une explosion ou un incendie pourrait provoquer des dégâts thermiques importants sur la faune et la flore marines, perturbant durablement l’équilibre écologique de la zone. Il souligne, en outre, que le navire aurait subi des dommages structurels, compliquant davantage toute opération de sauvetage.

Face à cette menace, les autorités libyennes ont ordonné des mesures préventives, notamment l’instauration d’un périmètre de sécurité maritime autour du navire et des restrictions de navigation dans un rayon de plusieurs milles nautiques.

Une menace régionale qui dépasse les frontières libyennes

Pour Hamdi Hached, le danger ne concerne pas uniquement la Libye. La mer Méditerranée étant un espace semi-fermé, toute pollution majeure ou incident pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble des pays riverains, y compris la Tunisie. Il rappelle que des milliers de Tunisiens dépendent directement ou indirectement des ressources maritimes, ce qui rend la situation d’autant plus préoccupante.

L’expert plaide ainsi pour une mobilisation régionale et internationale afin d’assister la Libye dans la gestion de cette crise, soulignant que les usages diplomatiques encouragent la coopération dans ce type de situation, surtout lorsque les impacts environnementaux sont susceptibles de dépasser les frontières nationales.

Interrogé sur les responsabilités juridiques, notamment en raison du statut du navire – décrit comme appartenant à une “flotte fantôme” échappant aux réglementations internationales – Hamdi Hached reconnaît la complexité du cadre légal, sans se prononcer de manière tranchée.

Un incident qui ravive les inquiétudes depuis plusieurs semaines

Depuis plusieurs semaines, ce méthanier russe dérivant en mer Méditerranée alimente l’inquiétude des observateurs. Selon les premières informations relayées, le navire, suspecté d’opérer en dehors des circuits réglementés, aurait été endommagé dans des circonstances encore floues, possiblement à la suite d’une attaque de drone.

Les tentatives de remorquage vers un port libyen avaient initialement suscité un certain optimisme. Toutefois, la dégradation des conditions climatiques a contrarié ces opérations, laissant le navire à la dérive à une distance relativement proche des côtes, parfois estimée à quelques dizaines de kilomètres.

Cette situation a ravivé les craintes d’un accident majeur, tant en raison de la nature de la cargaison que de l’état du navire. Plusieurs experts avaient déjà alerté sur le risque de catastrophe écologique et sécuritaire, qualifiant ce méthanier de véritable “bombe flottante”.

Entre incertitudes techniques, risques environnementaux et flou juridique, le dossier reste ouvert. Et, comme le souligne Hamdi Hached, l’enjeu dépasse désormais largement les seules eaux libyennes pour concerner l’ensemble du bassin méditerranéen.

S.H

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