Le dernier délai pour le paiement de la taxe de circulation, communément appelée vignette, est fixé à ce lundi 6 avril 2026 pour les véhicules appartenant à des personnes physiques et portant des numéros d’immatriculation impairs.
Les automobilistes concernés sont ainsi appelés à régulariser leur situation avant la fin de la journée. À défaut, ils s’exposent, à partir de mardi 7 avril 2026, à des sanctions et à une éventuelle verbalisation lors des contrôles routiers.
Une bascule vers le tout numérique
L’année 2026 marque une évolution importante dans la procédure de paiement de la taxe de circulation. Depuis le 1er janvier 2026, les automobilistes peuvent régler leur vignette à distance via le site officiel mis en place à cet effet par le ministère des Finances : taxe-circulation.finances.gov.tn.
Ce dispositif permet aux usagers d’effectuer le paiement en ligne sans avoir à se déplacer vers une recette des finances. Il introduit également une nouveauté notable : la suppression de l’autocollant à apposer sur le véhicule, qui constituait auparavant la preuve visible du paiement.
Désormais, le paiement génère un reçu électronique, qui fait office de justificatif officiel.
Un reçu numérique désormais incontournable
Malgré cette dématérialisation, certains automobilistes ont continué ces derniers jours à subir des contrôles insistants de la part d’agents de la sûreté, qui réclamaient un document papier délivré et tamponné par une recette des finances.
Face à ces situations, le ministère des Finances est intervenu début mars 2026 pour clarifier la procédure. Les autorités ont indiqué que le récépissé électronique constitue désormais la preuve officielle du paiement, et qu’aucun autre justificatif sur place n’est requis.
Autrement dit, chaque reçu, qu’il soit numérique ou papier, possède la même valeur administrative et doit être accepté par les agents des forces de l’ordre.
Des prérequis à ne pas négliger
Afin de garantir la conformité de la démarche, les automobilistes sont invités à vérifier certains éléments avant d’effectuer leur paiement en ligne.
Ils doivent notamment s’assurer :
- de leur situation fiscale, pour les détenteurs d’un matricule fiscal ;
- de leur situation vis-à-vis des infractions routières, en consultant le site amendes.finances.gov.tn ou en contactant le centre d’appel dédié au 81100700.
Ces vérifications permettent d’éviter les blocages lors de la procédure de paiement.
Une transition encore imparfaite sur le terrain
Si la dématérialisation du paiement constitue une avancée importante, l’interopérabilité des outils numériques permettant aux forces de l’ordre de vérifier instantanément les paiements électroniques n’est pas encore totalement opérationnelle.
Cette situation a parfois créé des ambiguïtés sur le terrain, certains agents ne disposant pas immédiatement des moyens techniques pour confirmer un paiement effectué en ligne.
Dans certains cas, des automobilistes ont ainsi été invités à se rendre dans une recette des finances afin d’obtenir un justificatif papier, malgré la validité du reçu électronique.
Des moyens déployés pour corriger le tir
Pour remédier à ces difficultés, des mesures ont été prises afin d’améliorer les capacités de vérification lors des contrôles routiers.
Le député Tarek Rebai a indiqué, le 4 mars dernier, que des tablettes ont été distribuées aux patrouilles afin de permettre la vérification en temps réel des paiements effectués en ligne.
« On a essayé de couvrir toutes les zones, chaque patrouille a reçu un équipement pour vérifier les paiements, et nous espérons que ces outils permettront de lever les ambiguïtés et de réduire les contrôles répétitifs », a-t-il déclaré.
Il a précisé que plus de 4.000 tablettes ont été distribuées aux patrouilles pour couvrir l’ensemble du territoire et permettre à chaque équipe de vérifier un grand nombre de véhicules.
Selon lui, cette mesure vise notamment à garantir que les reçus numériques soient systématiquement acceptés et à mettre fin aux demandes injustifiées de documents papier, en particulier lorsque plusieurs vignettes sont réglées par le même automobiliste.
Avec cette évolution vers la digitalisation, les autorités espèrent faciliter les démarches des citoyens tout en modernisant les mécanismes de contrôle liés au paiement de la taxe de circulation.
Une polémique qui fragilise la confiance
La toile a été secouée le week-end dernier après l’apparition soudaine d’amendes routières anciennes sur la plateforme électronique du ministère des Finances. Or, on ne peut payer sa vignette que si on a réglé ses contraventions. Ainsi, de nombreux Tunisiens qui planifiaient de payer leur vignette se sont retrouvé piégés.
Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient. Plusieurs usagers affirment avoir découvert des infractions datant de plusieurs années — 2013, 2016, 2020 ou encore 2022 — dont certaines auraient déjà été réglées. D’autres évoquent des amendes assorties de majorations, ou encore des infractions relevées dans des zones où ils assurent ne s’être jamais rendus.
Le site de paiement des amendes a été suspendu, le weekend, avant de reprendre normalement lundi 6 avril 2026. Entre temps aucune explication des autorités. Certains internautes évoquent une cyberattaque alors que d’autres parlent d’un simple disfonctionnement. Dans tous les cas, cet incident a été très mal vu par la population et n’augure rien de bon en ce qui concerne la digitalisation des services,
Certains évoquent la possibilité d’un dysfonctionnement des systèmes électroniques du ministère des Finances, tout en jugeant quand même « suspect » le timing de cette situation, survenant à un moment aussi sensible du calendrier fiscal. Plus tard dans la journée, la plateforme électronique de consultation des amendes se trouve suspendue, d’après ce qu’ont constaté nombre d’internautes.
I.N.










